MÉDIAS Téléréalité

«On avait payé des étudiants»: Arthur révèle avoir organisé une fausse manifestation «télé-poubelle» pour faire parler de Loft Story

«On avait payé des étudiants»: Arthur révèle avoir organisé une fausse manifestation «télé-poubelle» pour faire parler de Loft Story
«On avait payé des étudiants»: Arthur révèle avoir organisé une fausse manifestation «télé-poubelle» pour faire parler de Loft Story

25 ans après le lancement de Loft Story, Arthur a dévoilé une étonnante opération de communication organisée dans les coulisses de l’émission. Invité de Fracture, le programme animé par Éric Larchevêque, Tony Parker et Nathan Pissaro, l’animateur-producteur a raconté que des étudiants avaient été rémunérés pour manifester devant M6 et dénoncer la « télé-poubelle ». Une opération destinée, selon lui, à attirer l’attention sur le programme avant que certains participants ne dépassent ce qui avait été prévu.

Des étudiants payés pour dénoncer la « télé-poubelle »

Au printemps 2001, Loft Story constituait un pari considérable pour M6 et ses producteurs. Adapté du concept néerlandais Big Brother, le programme plaçait onze candidats sous l’œil permanent des caméras et allait profondément transformer le paysage audiovisuel français. Le phénomène Loft Story et les coulisses de cette révolution de la télé-réalité⁠ ont d’ailleurs été racontés plus de vingt ans après dans la série Culte.

Arthur occupait alors le poste de vice-président d’Endemol France. Dans Fracture, il a expliqué que l’équipe ignorait totalement comment le public allait accueillir ce programme inédit. « Je me souviens qu’au moment du lancement de l’émission, on ne faisait pas les malins. On ne savait pas si ça allait marcher ! Il n’y avait pas les réseaux sociaux, il fallait créer du buzz ! »

Pour provoquer ce fameux buzz, une opération pour le moins originale a alors été imaginée. « On peut le dire maintenant : M6, c’est des clients, mais ils vont rigoler… À un moment, on avait payé des étudiants pour aller vider des poubelles devant M6 pour dire “télé-poubelle !”, pour faire parler du truc. »

Autrement dit, une partie de la contestation organisée devant la chaîne avait été volontairement provoquée par ceux qui avaient précisément intérêt à faire parler de Loft Story.

L’opération a dérapé avec des vitrines cassées

Selon Arthur, le plan initial consistait donc à créer une manifestation suffisamment spectaculaire pour attirer l’attention des médias. Mais certains participants sont allés plus loin que ce qui avait été imaginé.

« On n’avait pas prévu que les mecs allaient casser des vitrines et tout, ils se sont emballés… Et ça a fait parler du truc. C’était ça ! », a raconté l’animateur.

Les manifestations hostiles à Loft Story ont effectivement marqué les premières semaines de diffusion du programme. Des opposants avaient notamment déversé des ordures devant le siège de M6 à Neuilly-sur-Seine, un épisode également évoqué dans la série Culte⁠.

Arthur affirme aujourd’hui qu’une opération impliquant des étudiants rémunérés avait donc été organisée pour alimenter cette agitation médiatique. Il distingue toutefois le dispositif prévu au départ des dégradations commises ensuite, qu’il assure ne pas avoir anticipées.

« Il fallait inventer le buzz »

À l’époque, X, Facebook, Instagram, TikTok et YouTube n’occupaient évidemment pas la place qu’ils tiennent aujourd’hui dans la promotion d’un programme. Pour imposer un nouveau concept, producteurs et chaînes dépendaient principalement de la télévision, de la radio et de la presse.

Arthur a expliqué avoir cherché des méthodes capables de provoquer suffisamment de bruit pour transformer Loft Story en événement avant même de connaître son succès. « Aujourd’hui, c’est facile de faire du buzz sur les réseaux sociaux, mais à l’époque, il n’y en avait pas. Il fallait inventer le buzz ! C’était une de mes spécialités ! »

Le pari de M6 s’est rapidement transformé en phénomène. Dès son lancement le 26 avril 2001, Loft Story a réuni 5,2 millions de téléspectateurs et 26,1% du public. L’émission est devenue l’un des programmes les plus commentés du début des années 2000, entre audiences considérables, débats politiques, critiques sur le voyeurisme et fascination pour ses candidats.

Loft Story, le programme qui a bouleversé la télévision française

Présentée par Benjamin Castaldi, l’émission a notamment révélé Loana Petrucciani, Jean-Édouard Lipa, Steevy Boulay ou encore Christophe et Julie. Le programme a connu deux saisons sur M6 et ouvert la voie à une multiplication des émissions de télé-réalité en France.

Son influence s’est prolongée avec Star Academy, Secret Story et de nombreux autres formats reposant sur la vie quotidienne de candidats filmés par les caméras. Arthur lui-même a ensuite présenté Nice People sur TF1⁠, autre programme directement inspiré du principe de candidats vivant ensemble sous surveillance permanente.

25 ans plus tard, Arthur livre donc une pièce supplémentaire des coulisses de cette révolution télévisuelle : au moment où Loft Story était publiquement dénoncé comme de la « télé-poubelle », ceux qui cherchaient à imposer l’émission avaient eux-mêmes contribué, au moins en partie, à provoquer cette contestation pour que tout le monde parle du programme.

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