Le royaume de Bahreïn a annoncé samedi qu’il ne prendrait pas part à la réunion prévue lundi à Mascate, à laquelle l’Iran convie les pays de la région pour discuter de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, bloqué depuis le début de la guerre.
Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a publié samedi un communiqué laconique : « Au vu de ce qui a été rapporté, le Royaume de Bahreïn n’y participera pas. » La décision intervient alors que Téhéran a proposé une réunion de « consultations » à Mascate, en présence de plusieurs pays riverains du Golfe, pour aborder l’avenir du détroit d’Ormuz.
L’Iran bloque effectivement ce couloir maritime depuis le début du conflit, coupant les exportations pétrolières et gazières des monarchies du Golfe vers le reste du monde. Téhéran cherche à formaliser son contrôle sur la voie d’eau, notamment en instaurant des droits de passage, et mène des négociations avec Oman, dont les eaux territoriales couvrent également le détroit. Avant les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février, qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei, le détroit était librement accessible à tous les pavillons.
Manama a justifié son refus en invoquant les attaques contre des infrastructures à travers le Golfe, estimant que la sécurité régionale « ne peut être préservée par une politique d’apaisement ». Le royaume réclame une ouverture du détroit « sans discrimination, sans frais ni permis ». Son ministère a précisé qu’il ne serait « partie à aucune réunion collective incluant l’Iran avant la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays ».
Bahreïn avait rompu ses liens avec Téhéran en 2016, en même temps que l’Arabie saoudite, lors d’une précédente crise entre les deux rivaux régionaux. Riyad a rétabli ses relations avec l’Iran en 2023, mais Manama ne l’a pas encore fait.
Du côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a présenté la réunion comme « un signe de bonne volonté » de Téhéran. « Nous parlerons à nos voisins, malgré le fait que leurs territoires, leurs bases militaires ou celles des États-Unis, ont servi à attaquer l’Iran », a-t-il déclaré. Il a précisé que Téhéran informerait les délégations des résultats des consultations irano-omanaises sur le libre passage des navires.
Un haut responsable iranien, cité anonymement par Reuters, a toutefois tempéré les attentes : la réunion de Mascate permettra d’aborder les sujets en discussion, mais ne devrait pas déboucher sur un accord signé. L’agence semi-officielle Tasnim a confirmé qu’un éventuel accord entre l’Iran et Oman ne prévoirait pas la réouverture immédiate du détroit, mais poserait seulement les bases sur lesquelles celle-ci pourrait intervenir.

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