Une enquête des Nations unies affirme que les autorités israéliennes sont directement impliquées dans les violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. Le rapport, publié mardi à Genève, soutient que les forces de sécurité israéliennes protègent régulièrement les colons lors d’attaques ayant causé des morts, des blessés et des déplacements de population.
La Commission d’enquête de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés conclut que les autorités israéliennes auraient facilité ces violences grâce à un soutien financier et militaire, dans un contexte d’impunité entretenu, selon elle, par les institutions policières et judiciaires. Le rapport documente également des crimes de guerre attribués au Hamas contre des Palestiniens et des Israéliens.
Selon les enquêteurs, les attaques menées par des colons contre des villages et des terres agricoles palestiniennes ont fortement augmenté depuis 2023, avec une hausse estimée à 130 %. Le rapport décrit des incidents impliquant des groupes masqués et affirme que les forces de sécurité israéliennes accompagnent fréquemment les colons lors de ces opérations, agissant parfois comme une forme de protection.
Israël a rejeté ces conclusions. La mission israélienne auprès des Nations unies à Genève a accusé la commission de créer une « fausse équivalence morale » entre les actions du Hamas et celles de civils israéliens. Elle affirme également que le rapport repose sur des accusations insuffisamment étayées et rappelle que les plus hautes autorités du pays ont condamné à plusieurs reprises les violences contre les Palestiniens.
L’armée israélienne a déclaré que sa mission consistait à assurer la sécurité et à mener des opérations antiterroristes. Elle a assuré condamner toute forme de violence et a indiqué que les comportements présumés inappropriés de soldats faisaient l’objet d’enquêtes internes. Toutefois, des organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits humains estiment que ces procédures débouchent rarement sur des sanctions.
Le rapport souligne que plusieurs centaines de milliers de colons israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie parmi des millions de Palestiniens. La majorité de la communauté internationale considère ces colonies comme contraires au droit international, une position renforcée par un avis rendu en 2024 par la Cour internationale de justice. Israël conteste cette interprétation, invoquant notamment des liens historiques et religieux avec ces territoires.
Les enquêteurs de l’ONU ont également documenté plusieurs cas d’agressions, d’enlèvements et de mauvais traitements visant des enfants palestiniens. Ils estiment que ces violences contribuent à des déplacements forcés de population et s’inscrivent dans une dynamique plus large de tensions et d’affrontements qui continuent d’aggraver la situation en Cisjordanie occupée.
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