Le 10 août 1792, des sans-culottes parisiens s’emparent du palais des Tuileries au terme d’une journée d’une violence extrême, mettant fin à près d’un millénaire de monarchie française et ouvrant la voie à un régime républicain qui ne dit pas encore son nom.
Un roi assiégé dans sa propre résidence
Depuis sa tentative de fuite à Varennes en 1791, Louis XVI et sa famille vivaient assignés à résidence aux Tuileries sous la surveillance du peuple, dans un climat de suspicion alimenté par les craintes d’une invasion étrangère et de connivence du roi avec l’empereur d’Autriche, neveu de la reine Marie-Antoinette. Dans la nuit du 9 au 10 août, le tocsin sonne à travers Paris, et au matin, une foule menée par les généraux Santerre et Westermann se rassemble aux abords du palais, défendu par environ 900 gardes suisses.
Lorsque Louis XVI passe ses troupes en revue, les gardes suisses crient traditionnellement Vive le roi, tandis que les artilleurs et le bataillon de la Croix-Rouge répondent Vive la Nation. Effrayés par les insultes de la foule, le roi, la reine et le dauphin traversent alors le jardin des Tuileries pour trouver refuge auprès de l’Assemblée législative.
Un massacre qui scelle la chute de la royauté
Restés sans ordre clair après le départ du roi, les gardes suisses sont pris d’assaut par les insurgés : environ 600 d’entre eux périssent, aux côtés de 200 aristocrates, courtisans et serviteurs présents dans le palais. Napoléon Bonaparte, jeune artilleur en retrait d’emploi à l’époque, assiste aux combats depuis une boutique du Carrousel, un épisode qu’il évoquera plus tard comme déterminant dans sa compréhension de la Révolution.
Cette journée, qualifiée par de nombreux historiens de seconde Révolution, entraîne immédiatement la suspension de Louis XVI de son titre de roi des Français et son emprisonnement avec sa famille à la tour du Temple, ouvrant la voie à la réunion de la Convention nationale le 21 septembre suivant, qui abolira définitivement la monarchie.
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