Le gouvernement Meloni a adopté un décret-loi instaurant plusieurs mesures controversées dans le système scolaire italien : interdiction du burqa et du niqab sous peine d’amende, quota de 30 % d’élèves étrangers dans certaines classes, et possibilité de retirer un enfant à sa famille si ses parents refusent d’apprendre l’italien.
Le Conseil des ministres italien a approuvé, vendredi 25 septembre 2026, un décret-loi portant sur l’organisation de l’année scolaire 2026-2027. Le texte, présenté comme une mesure d’intégration, concentre plusieurs dispositions qui ont immédiatement suscité une vive opposition de la gauche italienne.
La mesure la plus symbolique interdit le port du voile intégral, burqa et niqab compris, dans l’enceinte des établissements scolaires, qu’il s’agisse d’activités pédagogiques ou de réunions entre l’école et les familles. Des exceptions sont prévues pour des raisons médicales ou de sécurité. Le non-respect de cette interdiction expose à une sanction administrative comprise entre 200 et 1 000 euros, appliquée aux parents lorsque le contrevenant est mineur.
Le décret introduit par ailleurs un plafond de 30 % d’élèves étrangers dans les classes de première année. À l’école primaire, cette limite concerne les enfants de nationalité non italienne nés hors d’Italie ou n’ayant pas fréquenté au moins deux années de maternelle dans le pays. Au collège et au lycée, elle vise les élèves n’ayant pas suivi avec succès au moins trois années dans le système éducatif national. Des dérogations restent possibles si le nombre d’inscriptions dépasse les seuils fixés, afin de préserver le droit à l’instruction. Quelque 17,5 millions d’euros sont alloués aux établissements qui ne peuvent respecter ce plafond.
La disposition la plus contestée concerne les familles dont les parents ne maîtrisent pas suffisamment l’italien. Les écoles auront l’obligation de signaler aux services sociaux les situations où des barrières linguistiques persistantes nuisent à l’intégration scolaire de l’enfant. Des cours gratuits de langue italienne seront proposés aux parents concernés. Si ces derniers refusent de s’y soumettre et que ce refus constitue un préjudice concret pour le parcours éducatif du mineur, le tribunal pour mineurs pourra ordonner le placement de l’enfant hors du foyer familial. Un fonds dédié au renforcement des compétences linguistiques est créé, doté de 3,4 millions d’euros pour 2027 et de plus de 14 millions à partir de 2028.
L’opposition a réagi avec véhémence. Chiara Braga, présidente du groupe du Parti démocrate à la Chambre des députés, a qualifié le texte d’« inutile, inefficace et surtout inacceptable », dénonçant une mesure « honteuse dictée uniquement par la propagande » dans un pays où, selon elle, 10 % des jeunes quittent l’école prématurément et 14 % des plus jeunes enfants restent hors du système préscolaire. Le député Angelo Bonelli, du mouvement Alliance Verts et Gauche, a quant à lui accusé Giorgia Meloni d’« ouvrir sa campagne électorale sur le dos des enfants ».

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