La crise du logement s’est imposée comme l’un des principaux sujets de l’édition 2026 de Batimat, organisée du 28 septembre au 1er octobre à Paris Expo Porte de Versailles. Le salon, qui réunit plus de 1 200 acteurs du bâtiment, consacre une partie importante de son programme à la construction, à la rénovation, aux nouvelles normes et aux difficultés économiques qui frappent la filière. Plusieurs responsables politiques y ont également présenté leurs propositions face à la baisse de la construction neuve et aux tensions persistantes sur l’accès au logement.
Le secteur traverse une période particulièrement difficile. Lors d’un « grand oral » organisé lundi 28 septembre, Marine Le Pen, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon ont chacun exposé leur vision devant des représentants de la Fédération française du bâtiment, de la Capeb et d’organisations professionnelles. Les échanges ont notamment porté sur le manque de logements, la disponibilité du foncier, les normes de construction, le financement de la rénovation et l’instabilité de certains dispositifs publics comme MaPrimeRénov’.
Construction en baisse et besoins de recrutement
La question de l’emploi constitue un autre enjeu central. Le secteur du bâtiment a perdu environ 100 000 emplois ces dernières années, selon les chiffres évoqués lors du salon, alors même que les entreprises continuent à signaler des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée. Jean-Luc Mélenchon a évoqué un besoin pouvant atteindre 300 000 personnes, du CAP à la licence professionnelle, tandis que Gabriel Attal a regretté les réductions successives des aides à l’apprentissage. Marine Le Pen a pour sa part proposé de concentrer davantage ces aides sur les formations inférieures à bac + 3.
Batimat a d’ailleurs choisi de consacrer sa dernière journée, jeudi 1er octobre, à l’emploi dans le bâtiment. Des offres sont affichées dans plusieurs halls et les équipes de ressources humaines des entreprises participantes sont présentes pour rencontrer les candidats. Cette initiative illustre le paradoxe actuel du secteur : une activité fragilisée par la crise de la construction, mais des métiers qui restent sous tension et nécessitent toujours de nouvelles compétences.
Le foncier et les normes au centre des propositions
Les responsables politiques présents ont également avancé des pistes très différentes pour relancer la construction. Marine Le Pen a notamment proposé de mettre gratuitement à disposition des promoteurs privés certaines réserves foncières appartenant à l’État ou à des entreprises publiques, en échange de la construction de logements. Jean-Luc Mélenchon a défendu la création d’un service public du recyclage des matériaux afin de développer davantage l’économie circulaire dans le bâtiment.
Au-delà des propositions politiques, Batimat 2026 met en avant une transformation plus profonde de la filière. Construction hors site, rénovation énergétique, réemploi, intelligence artificielle, adaptation aux fortes chaleurs et décarbonation occupent une place importante dans les conférences et les espaces d’exposition. Dans un marché marqué à la fois par la pénurie de logements, les difficultés financières des professionnels et les impératifs environnementaux, le salon apparaît ainsi comme un baromètre des tensions mais aussi des mutations du bâtiment français.

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