Deux figures du narcotrafic marseillais recherchées par la justice française ont été placées en détention provisoire en Algérie. Mehdi Laribi, présenté comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, et Djamel Djeha avaient été interpellés ces dernières semaines par les autorités algériennes avant d’être laissés sous contrôle judiciaire. Leur situation a désormais changé : les deux hommes sont incarcérés. Le ministre français de la Justice Gérald Darmanin a annoncé leur placement en détention provisoire ce lundi. Les deux Franco-Algériens figurent parmi les cibles prioritaires de la justice française dans plusieurs enquêtes liées au narcotrafic marseillais.
Mehdi Laribi, l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia
Mehdi Abdelatif Laribi, surnommé « Tic », est âgé de 36 ans. Il est présenté par les enquêteurs français comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia, organisation criminelle devenue l’un des principaux acteurs du trafic de stupéfiants à Marseille. Il avait quitté la France et était recherché dans le cadre d’un mandat d’arrêt international. Les autorités françaises le soupçonnent notamment d’avoir continué à opérer depuis l’étranger. Laribi a finalement été interpellé en Algérie le 20 juillet. Son arrestation est liée à l’enquête dite « Octopus », vaste procédure visant la DZ Mafia. Cette enquête avait déjà conduit, en mars, à une opération d’ampleur en France et à 26 mises en examen. Après son arrestation en Algérie, Mehdi Laribi avait toutefois été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Une situation désormais terminée avec son placement en détention provisoire.
Djamel Djeha, autre cible prioritaire de la justice française
Le deuxième homme incarcéré est Djamel Djeha. Lui aussi est considéré comme une figure importante du narcotrafic marseillais et faisait l’objet de recherches de la justice française. Il est notamment lié aux investigations portant sur le trafic de stupéfiants dans les quartiers nord de Marseille et au réseau de la Castellane. Son nom apparaît dans une autre importante enquête judiciaire française, baptisée « Empire ». Djeha a lui aussi été arrêté récemment en Algérie avant d’être placé sous contrôle judiciaire. Comme Mehdi Laribi, il vient désormais d’être placé en détention provisoire à la demande du parquet d’Alger.
Gérald Darmanin se félicite de leur incarcération
Gérald Darmanin a confirmé personnellement le changement de statut judiciaire des deux hommes. « Ils ne sont donc plus sous simple contrôle judiciaire », a déclaré le garde des Sceaux. Le ministre a présenté Mehdi Laribi et Djamel Djeha comme deux « importants narcotrafiquants » et des « objectifs prioritaires » de la justice française. Cette incarcération constitue une étape importante pour les procédures françaises puisque les deux suspects disposent de la nationalité algérienne. L’Algérie n’extrade pas ses ressortissants, ce qui complique leur éventuelle remise à la France.
Deux mandats d’arrêt français exécutés en Algérie
Les arrestations ont été réalisées en Algérie en exécution de mandats délivrés par la justice française. Elles interviennent après la reprise de la coopération judiciaire entre Paris et Alger, alors que les relations entre les deux pays avaient connu une forte période de tensions. Gérald Darmanin s’était notamment rendu à Alger au printemps afin de rétablir les échanges judiciaires entre les deux pays. La situation de plusieurs narcotrafiquants franco-algériens recherchés par la France figurait parmi les dossiers suivis. Pour Mehdi Laribi et Djamel Djeha, l’étape est désormais nettement plus contraignante : après leur interpellation puis leur placement sous contrôle judiciaire, les deux hommes se trouvent désormais derrière les barreaux en Algérie.
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