Martha Argerich est attendue ce dimanche 27 septembre à 16 heures dans la grande salle Pierre-Boulez de la Philharmonie de Paris, aux côtés du pianiste Iddo Bar-Shai et de la mezzo-soprano Magdalena Kožená. Le programme réunit Debussy, Janáček, Ravel, Schubert et Schumann, avec notamment En blanc et noir, Ma mère l’Oye et Dichterliebe. À 85 ans, la pianiste argentine poursuit ainsi une carrière internationale dont la longévité frappe autant que la fidélité à ses partenaires. Cette affiche parisienne illustre une constante de son parcours : partager la scène et faire de la rencontre musicale le cœur du concert.
Sa notoriété s’est construite très tôt. Lauréate des concours de Genève et de Bolzano en 1957, Martha Argerich remporte le concours Chopin de Varsovie en 1965, une victoire décisive pour son rayonnement international. Les enregistrements prolongent ensuite cette reconnaissance bien au-delà des salles. Ses concertos de Prokofiev et de Ravel avec Claudio Abbado, parus en 1967, deviennent des jalons de sa discographie. À la maîtrise technique s’ajoute un jeu volontiers décrit comme passionné et instinctif. Cette combinaison contribue à expliquer l’attachement qu’elle suscite : la virtuosité impressionne, mais l’impression de liberté donne à l’interprétation sa singularité.
Une célébrité qui se construit aussi dans le partage
Depuis les années 1980, Martha Argerich privilégie les concertos et la musique de chambre plutôt que les récitals en solitaire. Ses collaborations avec Nelson Freire, Mischa Maisky ou Gidon Kremer ont façonné une autre part de son identité artistique, fondée sur l’écoute et la complicité. Son soutien aux jeunes musiciens, notamment à travers les rendez-vous de Beppu, au Japon, et de Lugano, en Suisse, prolonge cette démarche. Il contribue aussi à renouveler son entourage musical : sa carrière relie plusieurs générations d’interprètes, au lieu de se limiter à la célébration de ses succès passés.
Le concert parisien s’inscrit dans cette continuité. La Philharmonie souligne que Martha Argerich et Iddo Bar-Shai jouent ensemble depuis plus d’une décennie, autour d’un répertoire à quatre mains ou à deux pianos. La présence de Magdalena Kožená ouvre cette rencontre au chant. Sans chiffres de fréquentation permettant de mesurer le public de cette représentation, son affiche témoigne du statut toujours central de la pianiste dans la programmation classique. Sa force d’attraction tient à cette double promesse : retrouver une interprète connue par des décennies d’enregistrements et découvrir ce que ses échanges avec d’autres artistes feront naître sur scène.

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