LISBONNE – À la veille de la fin du mandat de Mario Centeno à la tête de la Banque du Portugal, le gouvernement portugais n’a toujours pas tranché sur sa reconduction ou sa succession. Le ministre des Finances, Joaquim Miranda Sarmento, a annoncé vendredi qu’une décision serait prise la semaine prochaine, après l’expiration du mandat de cinq ans du gouverneur ce samedi.
La réunion du cabinet tenue dans la journée s’est achevée sans résultat, prolongeant le flou autour de l’avenir de Centeno, personnalité respectée au sein des institutions européennes. Ancien ministre des Finances socialiste et président de l’Eurogroupe entre 2018 et 2020, Centeno a rejoint la Banque du Portugal la même année, un passage du politique au monétaire qui lui vaut depuis des critiques régulières de la part de la droite désormais au pouvoir.
Ses détracteurs, au sein du gouvernement de centre-droit de Luis Montenegro, l’accusent d’avoir compromis l’indépendance de l’institution en acceptant ce poste juste après avoir quitté le gouvernement précédent. Malgré cela, Centeno a su conserver une stature internationale, notamment en tant que membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, où il s’est positionné en faveur d’une politique monétaire accommodante.
Le ministre des Finances a réaffirmé que le gouvernement n’excluait ni sa reconduction, ni sa substitution, sans toutefois donner d’indication sur la tendance majoritaire au sein du cabinet. Plusieurs mois de spéculations ont laissé entendre que le Premier ministre Luis Montenegro pourrait souhaiter nommer une nouvelle figure, en phase avec sa ligne politique.
La question du leadership de la banque centrale est d’autant plus sensible qu’elle intervient dans un contexte économique européen incertain, alors que la BCE ajuste progressivement sa politique de taux après une longue période de lutte contre l’inflation. Le choix du prochain gouverneur portugais pèsera donc autant sur la scène nationale que sur l’équilibre interne de la BCE.