L’ancien président du Kosovo Hashim Thaçi a été condamné à vingt-cinq ans d’emprisonnement pour crimes de guerre par le tribunal spécial de La Haye. Ce verdict clôt le dernier grand procès issu des conflits de l’ex-Yougoslavie.
Héros de la résistance pour une partie des Kosovars, criminel de guerre pour ses accusateurs : Hashim Thaçi, figure centrale de la lutte armée contre le régime de Slobodan Milosevic et ancien président du Kosovo, a été condamné à vingt-cinq ans de réclusion par le tribunal spécial siégeant à La Haye. Le jugement marque la conclusion du dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie.
Thaçi appartient à la génération de dirigeants qui ont porté l’indépendance kosovare, proclamée en 2008 après des années de conflit et d’administration internationale. Son parcours, du maquis à la présidence, résume à lui seul les contradictions d’une époque où les mêmes hommes ont pu incarner simultanément la résistance à une dictature et des actes que la justice internationale qualifie aujourd’hui de crimes.
Le tribunal spécial pour le Kosovo, institué sous l’égide de l’Union européenne pour juger des faits commis par des membres de l’Armée de libération du Kosovo, avait inculpé Thaçi en 2020. Sa détention préventive à La Haye avait immédiatement mis fin à sa carrière politique. La peine prononcée, parmi les plus lourdes rendues dans le cadre des juridictions nées des guerres balkaniques, tranche un débat qui divise encore profondément la région.

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