Un rapport publié jeudi dresse un tableau alarmant du système humanitaire mondial : les coupes budgétaires massives ont privé des dizaines de millions de personnes de toute assistance, tandis que les gouvernements sont de plus en plus souvent mis en cause pour avoir mis des civils en danger.
Le système humanitaire mondial traverse l’une des crises les plus graves de son histoire depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est le constat du rapport « State of the Humanitarian System 2026 », rendu public jeudi, qui chiffre à 64 millions le nombre de personnes ayant perdu l’accès à une aide l’an dernier par rapport aux années précédentes.
Entre 2022 et 2025, les contributions financières des États ont chuté de 30 %. Des milliers de travailleurs humanitaires ont perdu leur emploi, et les organisations de secours ont dû réduire drastiquement leur présence sur le terrain. Cette contraction est présentée comme l’une des plus importantes depuis la mise en place du système d’aide internationale au lendemain de 1945.
Les populations les plus vulnérables paient le prix le plus lourd. Femmes, enfants, personnes âgées et déplacés figurent parmi les premières victimes de ces restrictions. Le rapport souligne que la situation ne résulte pas seulement d’un manque de moyens : les gouvernements eux-mêmes, loin de protéger les civils, contribuent de plus en plus à les exposer à des dangers.
Les auteurs du rapport alertent sur un double mouvement qui fragilise le dispositif global : d’un côté, les besoins humanitaires augmentent sous l’effet des conflits, des déplacements de population et des crises climatiques ; de l’autre, les financements s’effondrent et les pressions politiques s’intensifient. Cette combinaison menace la capacité même du système à répondre aux urgences futures.

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