Des responsables américains et russes ont profité des récents pourparlers de paix sur l’Ukraine pour discuter discrètement de plusieurs dossiers énergétiques sensibles, ont indiqué mardi cinq sources proches des discussions.
Parmi les sujets abordés figurait une éventuelle réintégration d’Exxon Mobil dans le projet pétrolier et gazier Sakhalin-1, situé sur l’île russe de Sakhaline, dans le Pacifique. La major américaine s’était retirée de ce projet stratégique après l’invasion de l’Ukraine en 2022, dans le cadre du retrait massif des entreprises occidentales de Russie.
Les discussions auraient également porté sur la possibilité pour Moscou d’acheter du matériel américain lié au secteur énergétique, selon les mêmes sources. De telles transactions seraient toutefois particulièrement sensibles, alors que la Russie demeure sous le coup de lourdes sanctions internationales.
Ces échanges ne se seraient pas limités aux marges des négociations internationales sur l’Ukraine. Selon certaines sources, des conversations exploratoires auraient aussi eu lieu à la Maison Blanche, signe de l’importance que Washington accorde à la sécurité énergétique dans le cadre des discussions plus larges avec Moscou.
Si aucun accord concret n’a été conclu à ce stade, la perspective d’un tel dialogue surprend alors que les relations entre les deux pays restent profondément marquées par la guerre en Ukraine. Les contacts autour de l’énergie pourraient néanmoins témoigner d’une volonté de maintenir des canaux de communication sur des enjeux économiques stratégiques, parallèlement aux efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.
Ces informations interviennent alors que les pourparlers de paix, menés avec l’appui de plusieurs puissances internationales, se poursuivent difficilement. La dimension énergétique, cruciale tant pour la Russie que pour ses interlocuteurs occidentaux, apparaît désormais comme l’un des leviers possibles dans la recherche d’un compromis plus large.
