L’Union européenne va travailler sur un mécanisme permettant d’exploiter les avoirs russes gelés afin de soutenir la défense et la reconstruction de l’Ukraine une fois la guerre terminée, a déclaré samedi la haute représentante pour les affaires étrangères, Kaja Kallas. Elle a toutefois jugé qu’une confiscation immédiate de ces fonds n’était « pas politiquement réaliste ».
Réunis à Copenhague pour une réunion informelle, les ministres européens des Affaires étrangères ont évoqué la possibilité de conditionner la restitution des fonds à une indemnisation préalable de Kiev par Moscou. « La Russie ne pourrait récupérer son argent qu’en indemnisant l’Ukraine », a résumé Kallas lors d’une conférence de presse.
L’essentiel des avoirs russes gelés se trouve en Belgique, où sont localisés de nombreux comptes de compensation financière. Bruxelles a rejeté l’idée d’investir ces fonds dans des placements risqués afin d’en accroître les bénéfices, privilégiant une approche prudente et encadrée.
Depuis le début de l’invasion russe en 2022, environ 300 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale de Russie ont été gelés dans les pays occidentaux. Une partie des revenus générés par ces fonds est déjà redirigée vers l’Ukraine, mais la question de leur utilisation à grande échelle reste au cœur des débats juridiques et politiques.
Pour l’UE, il s’agit de trouver un équilibre entre la nécessité d’aider l’Ukraine et le respect du droit international, tout en évitant d’alimenter les accusations russes de « spoliation ». Ce dossier sensible devrait rester un sujet central des discussions européennes dans les mois à venir.
