Le Vatican relance l’offensive contre l’endettement des pays du Sud. À l’initiative du pape Léon XIV, un rapport dirigé par le prix Nobel Joseph Stiglitz appelle à une refonte radicale du système financier mondial. Publié ce vendredi, ce document de 30 pages propose des mesures concrètes pour alléger la dette des pays en développement, dont certains consacrent aujourd’hui plus de 10 % de leurs recettes fiscales uniquement au paiement des intérêts. Selon Stiglitz, le système actuel “sert les marchés, pas les peuples”, et condamne des nations entières à une “décennie perdue”.
Une commission économique soutenue par le Saint-Siège
Composée de figures de renom comme Martin Guzman, Jeffrey Sachs ou Haruhiko Kuroda, la commission mise en place par Léon XIV dénonce un système de créanciers privés surpuissants, désormais majoritaires, et appelle les États et les tribunaux de New York ou Londres à légiférer pour éviter les abus. L’actuel cadre du G20, mis en place en 2020, n’a permis de restructurer que quatre pays en cinq ans. Un échec que le Vatican entend corriger avec des propositions audacieuses.
Le rapport sera présenté dans plusieurs instances majeures, dont la conférence de Séville fin juin, l’Assemblée générale de l’ONU et le G20 à Johannesburg. Léon XIV, fidèle à l’héritage social de Léon XIII, entend replacer l’humain et la justice au cœur de l’économie mondiale. Un message fort dans un monde où l’écart entre créanciers et débiteurs ne cesse de se creuser.
