Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré lundi que l’accord récemment signé entre Israël et l’Union européenne n’avait entraîné aucune amélioration concrète dans l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza, malgré les promesses formulées. Cette déclaration intervient en amont d’une réunion ministérielle UE-Moyen-Orient tenue à Bruxelles, où la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne a été au cœur des échanges.
« Rien n’a changé sur le terrain », a affirmé Abdelatty à des journalistes, remettant en question l’impact réel de l’accord conclu la semaine dernière, qui visait à faciliter l’entrée de l’aide dans un territoire ravagé par plus de neuf mois de guerre. L’accord, salué à l’époque comme un pas vers un « allègement significatif » de la crise humanitaire, semble pour l’heure rester lettre morte selon les observations égyptiennes.
L’Égypte, qui partage une frontière avec la bande de Gaza et joue depuis des mois un rôle central dans les efforts d’acheminement de l’aide et de médiation, s’inquiète de l’écart croissant entre les déclarations diplomatiques et la réalité humanitaire sur le terrain. Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas fin 2023, les autorités égyptiennes ont mis en garde à plusieurs reprises contre l’effondrement total des services de base à Gaza.
La déclaration d’Abdelatty intervient alors que les conditions de vie dans l’enclave continuent de se détériorer de façon dramatique. L’ONU et de nombreuses ONG internationales alertent régulièrement sur l’insuffisance des livraisons de nourriture, d’eau potable et de médicaments, et sur l’accès très limité aux soins de santé pour une population civile prise au piège.
En réponse, Israël affirme qu’elle ne bloque pas intentionnellement l’aide mais qu’elle doit maintenir des contrôles de sécurité stricts, accusant le Hamas d’utiliser les convois humanitaires à des fins militaires. L’Union européenne, pour sa part, n’a pas encore réagi publiquement à la critique formulée par le ministre égyptien.
Le fossé entre la diplomatie internationale et l’évolution concrète de la situation à Gaza continue d’alimenter les tensions entre les différents acteurs impliqués, alors que les perspectives d’un cessez-le-feu durable demeurent faibles. Pour l’Égypte, il devient urgent de traduire les engagements internationaux en actes tangibles sur le terrain.
