Le Premier ministre australien Anthony Albanese a exprimé lundi son soutien à l’attaque menée par les États-Unis contre des installations nucléaires iraniennes, tout en appelant à une désescalade des tensions et à un retour aux négociations diplomatiques. Lors d’une conférence de presse à Canberra, il a justifié cette position par la nécessité d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, un consensus international de longue date selon lui.
Albanese a souligné que les données disponibles indiquaient que Téhéran avait enrichi de l’uranium à hauteur de 60 %, un seuil qui n’a, selon lui, aucune justification dans le cadre d’un usage civil. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait rapporté fin mai que l’Iran disposait alors d’assez d’uranium enrichi à ce niveau pour produire jusqu’à neuf ogives nucléaires si l’enrichissement se poursuivait.
Le chef du gouvernement australien a précisé que l’issue aurait pu être différente si l’Iran avait répondu favorablement aux demandes formulées par la communauté internationale, en particulier par l’AIEA, visant à limiter l’enrichissement de son uranium. Ces propos ont été relayés dans une série d’interventions médiatiques par la ministre des Affaires étrangères Penny Wong, qui a rappelé que l’action militaire américaine restait unilatérale, bien que soutenue par Canberra.
Penny Wong a insisté sur le fait que l’Australie, tout en appuyant son allié stratégique, partageait les préoccupations de plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, appelant à une reprise du dialogue avec Téhéran. Elle a réaffirmé que l’objectif principal était d’éviter une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient.
Face à la montée des tensions, l’Australie a pris plusieurs mesures de précaution. L’ambassade à Téhéran a été fermée vendredi dernier, et les évacuations par bus d’Israël ont été suspendues dans la foulée de la frappe américaine. Toutefois, Canberra se prépare à lancer d’éventuelles opérations d’évacuation civile dès que l’espace aérien le permettra. Deux avions de défense ont d’ores et déjà été envoyés au Moyen-Orient pour appuyer cette mission, bien que leur rôle soit non-combattant.
En Nouvelle-Zélande, le gouvernement a adopté une position plus prudente. Le ministre des Affaires étrangères Winston Peters a annoncé qu’il analysait actuellement les éléments concernant le programme nucléaire iranien, tandis que le Premier ministre Christopher Luxon a lui aussi plaidé pour un retour à la voie diplomatique.
