En 2024, les services de renseignement français ont observé une explosion des actes de malveillance visant les secteurs stratégiques de la défense et de l’innovation. Selon la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), les attaques physiques et les cyberattaques ont respectivement augmenté de 50 % et 60 % par rapport à l’année précédente. Un constat alarmant qui souligne la montée en puissance des menaces contre la souveraineté technologique française. Chargée de protéger les forces armées et les sites sensibles liés à la défense, la DRSD veille également sur les quelque 4 000 PME françaises travaillant pour le secteur. En 2024, elle a recensé des centaines d’incidents : survols illégaux de drones, intrusions sur des sites militaires ou encore surveillances suspectes d’infrastructures. Autant de signaux qui, mis bout à bout, dessinent une menace de plus en plus sophistiquée.
Une guerre de l’ombre qui dépasse la Russie et la Chine
Si les regards se tournent souvent vers les grandes puissances comme Moscou ou Pékin, la DRSD insiste : tous les États sont susceptibles de mener des actions d’espionnage, en particulier dans le domaine industriel. Les cibles privilégiées ? L’aéronautique, le spatial, l’intelligence artificielle, le quantique, mais aussi les grands fonds marins. Des secteurs dans lesquels la France dispose d’avantages concurrentiels, attisant la convoitise. « Au salon aéronaval, on voit clairement des tentatives d’approche pour collecter des micro-informations », affirme le général Philippe Susnjara, directeur de la DRSD. « Isolément, elles paraissent anodines, mais ensemble, elles forment un puzzle très révélateur. » Face à ces menaces en constante mutation, les autorités appellent à une vigilance accrue, notamment auprès des entreprises disposant d’innovations sensibles. Car dans cette guerre silencieuse, la moindre faille peut devenir une brèche stratégique.