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À Limeil-Brévannes, deux hommes évacuent héroïquement les habitants d’un immeuble en feu

À Limeil-Brévannes, deux hommes évacuent héroïquement les habitants d’un immeuble en feu
À Limeil-Brévannes, deux hommes évacuent héroïquement les habitants d’un immeuble en feu

Il est 22h30, dimanche soir, quand les flammes jaillissent du local à poubelles d’un immeuble de la rue Claude-Bernard, à Limeil-Brévannes. En quelques minutes, la fumée envahit les cages d’escalier, les cris se font entendre, les fenêtres s’ouvrent dans la panique. Avant même l’arrivée des secours, deux hommes, inconnus l’un de l’autre, surgissent de l’ombre pour organiser l’évacuation. Abdoulaye, 39 ans, et Biyagui, 26 ans, n’étaient pas préparés à ce qui allait suivre. Pourtant, sans équipement, sans plan, ils ont réussi à sortir une grande partie des résidents piégés par l’incendie. Une action instinctive, presque irréfléchie, qui leur vaut aujourd’hui l’admiration de tout un quartier.

Une coordination spontanée dans le chaos

Quand il entend les premières alarmes et voit la fumée s’élever, Abdoulaye n’hésite pas une seconde. Cet habitant du quartier, gérant d’une société de transport, grimpe les étages pour réveiller les locataires un à un. Il frappe aux portes, accompagne des familles affolées vers les sorties, guide les plus paniqués à travers les couloirs obscurs. À ses côtés, surgit Biyagui, employé en logistique. En balade dans le parc Léon-Bernard, il a entendu un cri venant de l’immeuble. Il rejoint le lieu, aide une famille à évacuer par le jardin, puis tente d’entrer par la façade, repoussée par la chaleur et la fumée. Les deux hommes agissent de manière complémentaire. Biyagui extrait une mère et ses enfants par une fenêtre ouverte, puis court de nouveau aider d’autres habitants. Abdoulaye, quant à lui, descend et remonte les escaliers à plusieurs reprises, sans jamais perdre son sang-froid. Les couloirs sont plongés dans le noir, l’air devient irrespirable, mais leur calme tient lieu de boussole pour ceux qu’ils croisent.

Frayeur collective, solidarité immédiate

Pendant que les pompiers s’activent à éteindre l’incendie, d’autres résidents trouvent refuge dans le parking souterrain ou sur les balcons des voisins. Sarah, logée au premier étage, hésite en voyant les flammes sous ses fenêtres. Elle finit par se réfugier avec un enfant sur un balcon, le temps que l’intervention soit sécurisée. L’origine du feu reste incertaine. Certains évoquent une étincelle provoquée par un aérosol jeté dans une poubelle, d’autres parlent de traces de brûlure laissées volontairement. Ce n’est pas la première fois qu’un local à poubelles prend feu dans ce secteur, et les soupçons d’actes malveillants planent. L’entrée de l’immeuble est ravagée, les boîtes aux lettres hors d’usage. Malgré tout, aucun blessé n’est à déplorer. Lundi, au lendemain des faits, les résidents n’avaient qu’un mot à la bouche : « merci ». Abdoulaye et Biyagui n’attendaient pas de reconnaissance. Ils l’ont fait, disent-ils, « par réflexe ». Mais leur action, désintéressée et déterminante, restera comme un geste rare, dans une nuit qui aurait pu tourner au drame.

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