L’une des marques alimentaires les plus connues des Français s’apprête à connaître une transformation majeure. Vendredi 16 octobre, Panzani et le groupe portugais Cerealis ont annoncé être entrés en négociations exclusives en vue d’un rapprochement industriel. Cette opération pourrait donner naissance à un groupe agroalimentaire européen réalisant environ un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel et employant près de 1 800 personnes. Le nouvel ensemble serait valorisé autour de 1,8 milliard d’euros, selon les informations communiquées par les entreprises. Pour Panzani, acteur historique des pâtes, du couscous et des sauces alimentaires, ce projet constitue une nouvelle étape après son passage sous le contrôle du fonds d’investissement CVC Capital Partners. Il pourrait modifier durablement l’organisation du marché européen des produits alimentaires secs.
Panzani, dont le siège se trouve à Lyon, a réalisé environ 620 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Le groupe possède une forte implantation en France, mais développe également ses activités dans plusieurs pays européens. Cerealis, de son côté, dispose d’un portefeuille de marques importantes au Portugal, notamment Milaneza et Nacional. Les deux groupes mettent en avant la complémentarité de leurs implantations géographiques et de leurs activités industrielles. Le projet serait soutenu par les familles fondatrices du groupe portugais, le fonds belge Sofina et CVC, qui conserverait une participation minoritaire dans la future structure. Les négociations exclusives ne signifient toutefois pas que la transaction est déjà finalisée. Plusieurs étapes restent nécessaires avant sa réalisation définitive.
Une opération stratégique face à la concurrence de Barilla
Ce rapprochement intervient dans un secteur agroalimentaire marqué par une concurrence importante entre les grandes marques européennes et les produits de distributeurs. Les fabricants doivent composer avec l’évolution des prix des matières premières, les coûts de l’énergie et les attentes de consommateurs particulièrement sensibles aux tarifs. La création d’un groupe disposant d’une implantation plus large pourrait permettre de mutualiser certaines fonctions, d’augmenter les capacités d’investissement et de renforcer la distribution sur plusieurs marchés. L’enjeu serait également de disposer d’une taille suffisante pour mieux rivaliser avec Barilla, groupe italien solidement implanté à l’international. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité à conserver l’identité des marques et à développer des complémentarités industrielles réelles.
Pour les salariés et les sites de production, la principale interrogation concerne les conséquences concrètes de cette réorganisation. Les dirigeants présentent l’opération comme un projet de développement, mais les rapprochements d’entreprises peuvent entraîner des changements dans la gouvernance, les achats, la logistique ou certaines fonctions administratives. Aucun bouleversement industriel ne peut cependant être considéré comme acquis à ce stade. Les représentants du personnel devront être informés et consultés selon les procédures applicables, tandis que les autorités compétentes pourraient également examiner la transaction. Pour Panzani, l’objectif annoncé est de renforcer sa position dans un marché européen de plus en plus concurrentiel. Ce projet symbolise aussi l’évolution de l’industrie agroalimentaire, où les grandes marques historiques cherchent des alliances internationales pour préserver leur capacité d’investissement et poursuivre leur développement.

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