L’État a réquisitionné mardi le site de Fibre Excellence à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, afin de garantir la sécurité de cette ancienne usine de pâte à papier placée en liquidation judiciaire. Classée « Seveso seuil bas », l’installation abrite toujours du bois et d’importantes quantités de produits chimiques, notamment du peroxyde d’hydrogène, du propane et du fioul lourd. Les autorités redoutent des incendies ou des rejets susceptibles d’atteindre les personnes et l’environnement.
La préfecture avait demandé au liquidateur judiciaire de remettre immédiatement en fonctionnement le dispositif de lutte contre les incendies ainsi que la station d’épuration, conçue pour recueillir d’éventuels déversements chimiques avant qu’ils n’atteignent le Rhône. Malgré plusieurs mises en demeure et un arrêté préfectoral, les agents de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement ont constaté que les mesures exigées n’avaient pas été appliquées. L’État a donc décidé de prendre directement le contrôle des opérations de sécurisation.
Liquidateurs et syndicats s’opposent sur les moyens à engager
Les co-liquidateurs, Alix Brenac et Marc-Antoine Rey, assurent que la mise en sécurité complète du site reste leur priorité. Ils estiment toutefois que les volumes et les caractéristiques des produits stockés ne permettent pas leur traitement par la station d’épuration existante. Selon eux, des filières spécialisées doivent être identifiées pour reprendre, valoriser ou éliminer ces substances. La CGT réclame pour sa part le retour de plusieurs anciens salariés connaissant les installations, jugeant la passation insuffisante et les moyens actuels inadaptés.
L’usine de Tarascon avait été placée en liquidation judiciaire le 29 juillet, après plusieurs mois de difficultés financières. La fermeture a touché environ 270 salariés, dont une quarantaine avaient continué à se relayer jour et nuit pour assurer la surveillance des installations jusqu’à la fin de leur contrat. La réquisition illustre désormais les risques particuliers liés à la fermeture d’un site industriel sensible, où l’arrêt de la production ne fait pas disparaître les obligations de sécurité ni les menaces environnementales.

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