Plus de 1,5 million d’adultes sont en situation d’illettrisme en France, mais les territoires ultramarins restent beaucoup plus exposés que l’Hexagone. D’après les dernières données territoriales de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, près d’un adulte sur deux serait concerné en Guyane et à Mayotte. Dans ce dernier département, 38 % des habitants âgés de 18 à 64 ans éprouvent de fortes difficultés pour lire, écrire ou compter.
La situation touche également les jeunes générations. À La Réunion, 27,2 % des participants aux tests de la Journée défense et citoyenneté ont rencontré des difficultés de lecture, contre 11,5 % à l’échelle nationale. Cette différence s’accompagne d’une proportion élevée d’adultes peu ou pas diplômés : 52,8 % sur l’île, contre 38,3 % dans l’ensemble de la France.
Un cumul de difficultés sociales et éducatives
Ces écarts résultent de plusieurs facteurs, notamment les difficultés d’accès à l’éducation, le manque d’infrastructures scolaires dans certaines zones, la pauvreté et l’isolement géographique. Le plurilinguisme constitue aussi une particularité importante : à Mayotte et en Guyane, le français cohabite avec de nombreuses langues locales ou régionales. En Guyane, bien que 95 % de la population parle français, seulement 10 % l’aurait comme langue maternelle.
Plusieurs dispositifs tentent de répondre à cette situation. L’Éducation nationale développe des actions de prévention dès l’école, tandis que les collectivités, France Travail, le Service militaire adapté et différents organismes proposent des formations aux adultes. L’ANLCI a également créé le programme Familire, destiné à accompagner les jeunes parents dans le réapprentissage des compétences fondamentales. Malgré ces initiatives, les fortes disparités territoriales et le manque de données récentes dans certaines collectivités du Pacifique compliquent encore l’évaluation et la lutte contre l’illettrisme.
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