Un rapport des inspections générales des finances et des affaires sociales propose d’intégrer les revenus des parents dans le calcul des aides personnalisées au logement versées aux étudiants rattachés à leur foyer fiscal. Cette réforme permettrait à l’État d’économiser environ 550 millions d’euros, mais elle suscite une forte opposition des organisations étudiantes, qui redoutent une remise en cause de l’autonomie des jeunes.
En 2021, quelque 700 000 foyers comptaient au moins un étudiant bénéficiaire des APL, pour une aide moyenne de 200 euros par mois et un coût total de 1,65 milliard d’euros. Les auteurs du rapport relèvent que près de 40 % des bénéficiaires sont rattachés à des familles appartenant aux deux catégories de revenus les plus élevées. La réforme réduirait les allocations de 310 000 foyers, soit 44 % des bénéficiaires, et entraînerait leur suppression complète pour 200 000 d’entre eux.
Les syndicats étudiants dénoncent une menace pour l’autonomie
L’Union étudiante estime que la prise en compte des ressources parentales fragiliserait les étudiants précaires et ceux qui ne reçoivent aucune aide financière de leur famille, notamment en cas de rupture familiale. L’organisation redoute que la baisse ou la suppression des APL contraigne certains jeunes à abandonner leur logement, voire leurs études. L’UNEF demande également au gouvernement de ne pas intégrer cette proposition au budget 2027.
Actuellement, un étudiant peut rester rattaché au foyer fiscal de ses parents jusqu’à 25 ans sans que les revenus de ces derniers soient pris en compte pour déterminer son APL. La proposition vise à rendre cette aide plus redistributive, mais ouvre un débat sur la réalité de l’autonomie financière des étudiants. Le rapport contient également une dizaine d’autres recommandations qui permettraient, selon les inspections, de réaliser 4,2 milliards d’euros d’économies en dix ans, dont 2,5 milliards à court terme.
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