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La Niger accuse la France d’avoir fomenté la mutinerie, Paris dément fermement

La Niger accuse la France d’avoir fomenté la mutinerie, Paris dément fermement
La Niger accuse la France d’avoir fomenté la mutinerie, Paris dément fermement

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a qualifié de « pure fantaisie » les accusations du Niger, qui impute à Paris l’organisation d’une tentative de mutinerie ayant visé une base militaire et le palais présidentiel à Niamey le 29 août dernier.

Une semaine après les événements, la crise diplomatique entre Paris et Niamey s’approfondit. Le porte-parole du gouvernement nigérien, Soumana Boubacar, a affirmé vendredi dans une déclaration lue à la télévision que « cette opération, avec ses ramifications internationales, a été instigée et soutenue par un vaste réseau de collusion dirigé par le régime français de M. Emmanuel Macron ». Des « éléments traîtres et renégats », selon lui, auraient été chargés d’accomplir les « ambitions inassouvies de Macron et de ses acolytes ».

Le lendemain, Jean-Noël Barrot a répondu sur les ondes de RFI : « Il n’y a jamais eu ni intention, ni moyens que la France aurait mobilisés. » Une fin de non-recevoir que Paris résume en deux mots : « pure fantaisie ».

La mutinerie avait débuté à la Base 101, installée à l’intérieur de l’aéroport international de Niamey, lorsque des soldats se sont retournés contre leurs commandants et ont ouvert le feu en plusieurs points de la capitale. Les combats ont atteint le palais présidentiel et coupé la diffusion de la chaîne publique pendant plusieurs heures. L’armée nigérienne, appuyée par des combattants paramilitaires russes de l’Africa Corps, a repris la base le lendemain. Des centaines de soldats auraient participé à l’assaut ; des dizaines ont été tués ou arrêtés.

Le gouvernement nigérien a depuis élargi le cercle de ses accusations. Une vidéo diffusée sur la télévision d’État montre un capitaine de l’armée de l’air citer le Bénin, le Tchad, la Côte d’Ivoire et le bloc régional CEDEAO comme soutiens de l’attaque. Niamey évoque également des « frères africains » non identifiés qui auraient servi de relais. Cotonou a rejeté ces allégations : un porte-parole béninois a déclaré que « personne de sensé » n’y croit.

Lors de cette même réunion du conseil militaire, tenue pour la première fois depuis les troubles, les autorités nigériennes ont reconnu pour la première fois que des civils avaient péri dans les violences. Le général Abdourahamane Tchiani, qui n’a pas été vu en public depuis la mutinerie, n’a produit aucune preuve à l’appui de ses accusations. Des analystes estiment que ces mises en cause visent davantage à consolider l’opinion intérieure qu’à préparer un dossier juridique.

Le vrai moteur du soulèvement serait ailleurs. Le rapprochement avec Moscou, engagé après le coup d’État de 2023 qui a chassé la France de son rôle de partenaire militaire, n’a pas enrayé les attaques des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Les soldats de première ligne, qui ont subi de lourdes pertes, nourrissaient une frustration croissante que les analystes considèrent comme le véritable ressort de la mutinerie.

Les tensions entre Paris et Niamey se sont encore aggravées avec la saisie par le Niger des actifs uranifères du groupe nucléaire français Orano, ajoutant une dimension économique à une rupture déjà consommée sur le plan politique et militaire.

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