SANTÉ

Maladie de Parkinson : pourquoi les premiers symptômes ne sont pas toujours des tremblements

Maladie de Parkinson : pourquoi les premiers symptômes ne sont pas toujours des tremblements
Maladie de Parkinson : pourquoi les premiers symptômes ne sont pas toujours des tremblements

Lorsque l’on pense à la maladie de Parkinson, on imagine immédiatement une main qui tremble. Pourtant, tous les patients ne tremblent pas et certains symptômes peuvent apparaître bien avant les troubles moteurs caractéristiques. Sommeil, odorat, constipation ou humeur : cette maladie neurologique est beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine.

La maladie de Parkinson est l’une des principales maladies neurodégénératives. Elle évolue progressivement et touche principalement les circuits cérébraux impliqués dans le contrôle des mouvements.

Au cœur du phénomène se trouvent notamment des neurones produisant de la dopamine, situés dans une région du cerveau appelée substance noire. Au cours de la maladie, une partie de ces neurones disparaît progressivement.

Lorsque le déficit en dopamine devient suffisamment important, les symptômes moteurs caractéristiques commencent à apparaître.

Trembler n’est pas obligatoire

Le tremblement de repos est probablement le symptôme le plus célèbre de Parkinson. Il apparaît typiquement lorsque le membre est détendu et peut diminuer pendant un mouvement volontaire.

Mais tous les patients atteints de Parkinson ne présentent pas nécessairement ce tremblement.

Un autre signe important est la lenteur des mouvements, appelée bradykinésie. Des gestes autrefois automatiques deviennent progressivement plus difficiles ou plus lents.

Boutonner une chemise, écrire, se lever d’une chaise ou simplement commencer à marcher peuvent demander davantage d’effort.

La rigidité musculaire fait également partie des manifestations fréquentes. Avec l’évolution de la maladie, des problèmes d’équilibre et de marche peuvent apparaître.

L’écriture peut devenir de plus en plus petite

Certains changements sont particulièrement discrets. L’écriture peut progressivement devenir plus petite et serrée : on parle de micrographie.

La personne peut également balancer moins naturellement un bras lorsqu’elle marche. Son visage peut sembler moins expressif et sa voix devenir plus faible.

Pris séparément, ces signes ne permettent évidemment pas de diagnostiquer Parkinson. Mais leur association et leur progression peuvent conduire à une consultation neurologique.

Des symptômes peuvent précéder les troubles moteurs

C’est l’un des aspects les plus étonnants de la maladie. Certaines personnes présentent des symptômes non moteurs plusieurs années avant le diagnostic.

Une diminution importante de l’odorat peut notamment être observée. La constipation est également fréquente.

Certains troubles du sommeil intéressent particulièrement les chercheurs. Chez certaines personnes, les mécanismes qui empêchent normalement le corps de reproduire les mouvements de nos rêves fonctionnent moins bien. Le dormeur peut alors parler, donner des coups ou effectuer des mouvements importants pendant son sommeil paradoxal.

Cela ne signifie évidemment pas que toute personne constipée, ayant perdu un peu d’odorat ou bougeant pendant son sommeil développera Parkinson. Ces symptômes sont très fréquents dans la population et possèdent de nombreuses autres causes.

Comment diagnostique-t-on Parkinson ?

Il n’existe pas, dans la majorité des situations, une simple prise de sang permettant de répondre « oui » ou « non ».

Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique, les symptômes, leur évolution et l’évaluation réalisée par un neurologue.

Des examens complémentaires peuvent être prescrits pour éliminer d’autres causes ou, dans certaines situations, aider à préciser le diagnostic.

C’est aussi ce qui explique pourquoi le diagnostic peut parfois prendre du temps au début de la maladie.

Peut-on guérir Parkinson ?

Il n’existe actuellement pas de traitement permettant de faire disparaître définitivement la maladie.

En revanche, plusieurs traitements permettent de contrôler efficacement certains symptômes, parfois pendant de nombreuses années.

La lévodopa reste l’un des médicaments essentiels. Une fois dans l’organisme, elle peut être transformée en dopamine dans le cerveau et compenser en partie le déficit.

D’autres médicaments agissant sur le système dopaminergique peuvent également être utilisés.

Chez certains patients dont les symptômes deviennent difficiles à contrôler avec les médicaments seuls, la stimulation cérébrale profonde peut être proposée. Des électrodes sont alors implantées dans certaines zones du cerveau afin d’en modifier l’activité.

L’activité physique occupe une place importante

La prise en charge ne se limite pas aux médicaments.

Kinésithérapie, activité physique, orthophonie et accompagnement adapté peuvent aider à préserver l’autonomie et la qualité de vie.

L’exercice physique est particulièrement encouragé pour entretenir mobilité, équilibre, force et capacités fonctionnelles. La maladie évolue cependant très différemment d’une personne à l’autre.

Parkinson ne se résume donc pas à une main qui tremble

Réduire la maladie à son symptôme le plus visible masque une grande partie de sa réalité.

Troubles du sommeil, fatigue, anxiété, problèmes digestifs, modifications de l’odorat et difficultés cognitives peuvent faire partie du tableau clinique, en plus des troubles moteurs.

Un tremblement isolé n’est pas nécessairement Parkinson. Et l’absence de tremblement n’exclut pas la maladie. C’est précisément cette diversité qui rend l’évaluation médicale indispensable lorsque des symptômes moteurs inhabituels apparaissent progressivement.

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