Un visage qui se paralyse soudainement, un bras qui ne répond plus, des mots qui deviennent incompréhensibles : derrière ces symptômes peut se cacher un accident vasculaire cérébral. Face à un AVC, chaque minute compte. Reconnaître rapidement les premiers signes peut changer considérablement le pronostic.
Il peut survenir au milieu d’un repas, pendant une conversation ou au réveil. En quelques secondes, une personne jusque-là parfaitement consciente n’arrive plus à lever un bras ou éprouve soudainement des difficultés à parler.
L’accident vasculaire cérébral constitue une urgence médicale absolue.
En France, l’AVC représente une cause majeure de mortalité et de handicap acquis chez l’adulte. Et contrairement à une idée reçue, il ne concerne pas exclusivement les personnes très âgées.
Que se passe-t-il réellement dans le cerveau ?
Il existe deux grands types d’AVC. Le plus fréquent est l’AVC ischémique. Une artère alimentant une partie du cerveau est obstruée, généralement par un caillot. Privées d’oxygène, les cellules cérébrales commencent alors à souffrir.
L’autre grande catégorie est l’AVC hémorragique. Cette fois, un vaisseau sanguin se rompt et provoque un saignement dans le cerveau.
Dans les deux situations, une prise en charge extrêmement rapide est nécessaire.
Trois symptômes particulièrement importants
L’apparition brutale d’une déformation du visage est l’un des signes les plus caractéristiques. Lorsqu’on demande à la personne de sourire, un côté de la bouche peut rester immobile ou s’affaisser.
Deuxième signal : une faiblesse ou une paralysie soudaine d’un bras ou d’une jambe, souvent d’un seul côté du corps. On peut demander à la personne de lever les deux bras : l’un peut redescendre involontairement ou être impossible à maintenir.
Enfin, un trouble soudain de la parole doit immédiatement alerter. La personne peut chercher ses mots, prononcer des phrases incompréhensibles ou ne plus comprendre correctement ce qu’on lui dit.
D’autres symptômes sont possibles : trouble brutal de la vision, perte d’équilibre, difficulté soudaine à marcher ou, dans certaines situations, mal de tête extrêmement intense et inhabituel.
Même si tout rentre dans l’ordre, il faut réagir
C’est un piège particulièrement dangereux. Une personne présente une faiblesse d’un bras pendant quelques minutes puis retrouve toutes ses capacités. Elle décide alors de ne pas consulter puisque « c’est passé ».
Il peut pourtant s’agir d’un accident ischémique transitoire, ou AIT. L’obstruction d’une artère cérébrale a été temporaire et les symptômes ont disparu, mais cet épisode constitue un signal d’alerte nécessitant une évaluation médicale urgente.
La disparition des symptômes ne doit donc jamais rassurer au point de renoncer à appeler les secours.
Pourquoi chaque minute compte
Lors d’un AVC ischémique, l’objectif médical peut être de rétablir aussi rapidement que possible la circulation sanguine.
Selon la situation, les médecins peuvent notamment utiliser un traitement destiné à dissoudre le caillot, appelé thrombolyse. Chez certains patients présentant l’obstruction d’une grosse artère, une thrombectomie mécanique peut être réalisée : un dispositif introduit dans les vaisseaux permet alors d’aller retirer directement le caillot.
Ces traitements ne conviennent pas à tous les AVC et leur utilisation dépend notamment du type d’accident, de l’artère concernée et du délai écoulé.
C’est pourquoi attendre « pour voir si ça passe » fait perdre un temps précieux.
Que faire lorsqu’on suspecte un AVC ?
En France, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112.
Il est important de retenir, si possible, l’heure précise à laquelle les symptômes sont apparus ou le dernier moment où la personne était connue sans symptômes. Cette information aide les équipes médicales à décider des traitements possibles.
Il ne faut pas donner spontanément de médicament, notamment de l’aspirine : tant que les médecins n’ont pas déterminé s’il s’agit d’un AVC ischémique ou hémorragique, certains traitements peuvent être inadaptés.
Peut-on réduire son risque ?
Une part importante de la prévention repose sur des facteurs cardiovasculaires connus. L’hypertension artérielle constitue notamment un facteur de risque majeur. Tabagisme, diabète, excès de cholestérol, sédentarité et certaines maladies cardiaques peuvent également augmenter le risque.
Une arythmie appelée fibrillation atriale mérite une attention particulière car elle peut favoriser la formation de caillots susceptibles de migrer jusqu’au cerveau. Mais même une personne sans facteur de risque évident peut être victime d’un AVC.
Le message essentiel reste donc extrêmement simple : visage déformé, bras faible ou parole soudainement perturbée = urgence.
Face à un AVC potentiel, mieux vaut appeler les secours pour une fausse alerte que perdre des minutes qui pourraient sauver des cellules cérébrales et parfois une vie.

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