Des malades contraints de dormir sur des brancards, des chaises ou directement au sol, parfois pendant une dizaine de jours : le constat dressé par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté est accablant. Après avoir inspecté en juillet plusieurs hôpitaux franciliens, dont Cochin, Necker, Sainte-Anne, la Pitié-Salpêtrière, Henri-Mondor et Delafontaine, ses services dénoncent des conditions incompatibles avec la dignité et les droits fondamentaux des patients.
La crise ne relève plus de situations isolées. Au premier semestre 2026, 3 957 patients nécessitant une orientation psychiatrique ont subi une attente prolongée aux urgences en Île-de-France, soit une hausse de 31,8 % en un an. La durée moyenne dépassait 39 heures au deuxième trimestre, contre 29 heures au début de 2025. À Sainte-Anne, 60 % des patients attendent plus de treize heures et 20 % plus de quarante-huit heures avant d’obtenir une prise en charge adaptée.
Des pratiques coercitives parfois exercées hors du cadre légal
Au-delà du manque de lits et de soignants, le rapport révèle des pratiques particulièrement préoccupantes. Des patients destinés à une hospitalisation sans consentement seraient retenus sans que les procédures prévues par la loi soient respectées. D’autres subiraient des mesures d’isolement ou de contention dépourvues de cadre légal. Le document évoque également des renoncements aux soins, des ruptures de prise en charge et un accès limité à l’hygiène, dans des couloirs bruyants, constamment éclairés et ne garantissant aucune intimité.
Les mineurs ne sont pas davantage protégés : faute de pédopsychiatres et de structures spécialisées, certains sont hospitalisés aux côtés d’adultes. Ce tableau traduit une défaillance profonde du système hospitalier francilien, qui ne peut plus être réduite à la seule saturation ponctuelle des urgences. La contrôleuse réclame des mesures immédiates sur les effectifs, les locaux et les capacités d’accueil, ainsi qu’un plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie. Face à des atteintes aussi graves aux droits des patients, de simples ajustements organisationnels ne sauraient suffire.

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