Le gouvernement français veut conditionner une partie de son aide publique au développement à la coopération des pays d’origine dans la lutte contre l’immigration clandestine vers Mayotte. En déplacement à Dzaoudzi, le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la création d’un système de bonus-malus visant notamment les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya.
Plusieurs critères seront examinés, parmi lesquels la lutte contre les réseaux de passeurs, la délivrance des laissez-passer consulaires et la reprise des ressortissants en situation irrégulière. L’aide humanitaire directement destinée aux populations ne sera toutefois pas concernée par ce mécanisme. En 2024, l’aide publique au développement accordée aux pays visés représentait environ 300 millions d’euros.
Une surveillance maritime renforcée autour de Mayotte
Paris prévoit parallèlement de renforcer les moyens déployés contre les traversées clandestines. Le gouvernement veut recourir davantage aux drones et aux ballons captifs pour surveiller les approches maritimes de l’archipel. Le nombre de navires intercepteurs doit également passer de neuf en 2026 à treize en 2028, tandis qu’un détachement de la Légion étrangère sera installé sur l’îlot M’tsamboro.
Mayotte comptait officiellement 323 000 habitants au 1er janvier 2026, selon l’Insee, avec une importante population étrangère. Les arrivées proviennent principalement des Comores voisines, mais aussi de plus en plus des pays de la région des Grands Lacs. Selon le préfet Frédéric Poisot, 16 500 éloignements avaient déjà été réalisés depuis le début de l’année 2026 au moment de cette annonce.
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