Le parquet de Paris a requis le renvoi en procès de Juan Branco pour le viol présumé d’une jeune femme au printemps 2021. Après cinq années d’instruction, le ministère public estime que les charges réunies sont suffisantes pour que l’avocat de 37 ans soit jugé devant une cour criminelle départementale. Juan Branco conteste les faits depuis le début de la procédure.
Le réquisitoire définitif a été rendu le 6 août 2026. Il ne signifie toutefois pas que le procès aura nécessairement lieu : il appartient désormais au juge d’instruction de décider d’un éventuel renvoi devant la juridiction criminelle.
Une étudiante de 20 ans au moment des faits
L’affaire remonte au printemps 2021. La jeune femme, désignée sous le prénom d’emprunt « Marie », était alors âgée de 20 ans et étudiait les sciences politiques. Elle avait rencontré Juan Branco après des échanges sur Instagram.
Deux jours après une nuit passée au domicile de l’avocat, elle s’était rendue dans un commissariat parisien. Selon ses déclarations, Juan Branco lui aurait fait consommer un médicament contenant un dérivé de l’opium avant de lui imposer un rapport sexuel malgré son absence de consentement.
Juan Branco a toujours contesté cette version et soutenu que leur relation était consentie. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte et l’avocat avait été mis en examen pour viol en novembre 2021.
Le parquet estime les charges suffisantes
Dans son réquisitoire définitif, le ministère public a notamment retenu la constance des déclarations de la plaignante. Il a également évoqué sa « vulnérabilité » face à un homme qu’elle admirait à l’époque et estimé que les éléments recueillis au cours de l’enquête justifiaient un procès.
Les avocats de la jeune femme, Mes Nicolas Paganelli et Charlie-Elie Martin, ont accueilli favorablement les réquisitions du parquet : « C’est un immense soulagement pour notre cliente, après cinq années d’une procédure judiciaire harassante. » Ils ont ajouté : « Nous espérons très sincèrement qu’elle mettra un terme au comportement de toute puissance complètement hors de contrôle du mis en examen. »
Juan Branco dénonce « un dossier vide »
De son côté, Juan Branco continue de nier tout viol. Par l’intermédiaire de son avocat, Me Luc Brossollet, il a vivement contesté les conclusions du parquet. Il affirme que le réquisitoire a été signé « après cinq ans de frénétiques recherches d’autres plaignantes demeurées vaines, afin de sauver un dossier vide ». L’avocat met également en cause le déroulement de la procédure et reproche au parquet d’avoir tardé à rendre ses réquisitions. La présomption d’innocence reste applicable à Juan Branco tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Deux demandes de non-lieu dans les autres volets
Le parquet n’a en revanche pas demandé le renvoi de Juan Branco pour l’ensemble des faits examinés pendant l’instruction. Il a requis deux non-lieux concernant les accusations portées par deux autres femmes. Pour l’une d’elles, qui dénonçait un viol remontant à 2017, le ministère public a considéré que les circonstances rapportées n’étaient pas suffisamment corroborées par des éléments objectifs, notamment en raison de l’ancienneté des faits et de leur dénonciation tardive.
Concernant une autre accusation d’agression sexuelle, le parquet a estimé que « le doute devra profiter au mis en examen », l’enquête n’ayant pas permis, selon lui, de réunir suffisamment d’éléments. L’avocate des deux femmes, Me Fanny Vial, a fait part de sa « consternation et colère » et considère que certains éléments matériels n’ont pas été suffisamment pris en compte.
Une procédure qui a déjà entraîné une suspension
Le comportement de Juan Branco au cours de l’instruction a également donné lieu à une procédure disciplinaire distincte. L’avocat avait notamment publié sur Internet des extraits de la procédure et des procès-verbaux d’audition de plusieurs femmes.
La cour d’appel de Paris a confirmé en octobre 2025 une suspension de neuf mois prononcée à son encontre. La décision disciplinaire a notamment sanctionné la publication d’éléments couverts par le secret de l’enquête ainsi que des attaques visant des magistrats et enquêteurs.
Juan Branco peut désormais exercer de nouveau, mais une autre procédure disciplinaire le concernant reste en cours. Dix-huit mois de suspension ont été requis dans ce dossier, selon les informations disponibles.
Le juge d’instruction doit désormais trancher
Les réquisitions du parquet constituent une étape déterminante mais ne valent pas ordonnance de renvoi. La décision appartient au juge d’instruction, qui peut suivre ou non les demandes du ministère public.
S’il ordonne le renvoi, Juan Branco comparaîtra devant une cour criminelle départementale pour les faits de viol présumé commis au printemps 2021. Dans les deux autres volets de l’affaire, le parquet demande au contraire l’abandon des poursuites.
