Le ministre délégué chargé de l’Europe Benjamin Haddad défend une Europe plus protectrice de ses intérêts économiques et stratégiques. Invité du podcast Le monde selon l’Ifri, il appelle à assumer une véritable « préférence européenne », à accélérer l’intégration économique du continent et à utiliser davantage l’intelligence artificielle dans les services publics.
Pour Benjamin Haddad, l’Union européenne doit s’inspirer des politiques industrielles américaines. « Il y a des domaines dans lesquels je crois que la préférence européenne, le “made in Europe”, s’impose », affirme-t-il, citant notamment le Buy America Act ou les dispositifs américains destinés à soutenir les entreprises nationales. Il souhaite que cette logique soit davantage intégrée à la commande publique européenne, notamment dans la défense, l’innovation et les industries exposées à la concurrence internationale.
« Soutenons nos acteurs et nos champions »
Le ministre défend également une accélération de l’intégration économique européenne. Il déplore que les entrepreneurs rencontrent encore trop de différences réglementaires, bancaires ou administratives lorsqu’ils souhaitent se développer dans plusieurs pays de l’Union. Parmi les pistes évoquées : l’union des marchés de capitaux et la création d’un « 28e régime » européen permettant aux entreprises de disposer d’un statut juridique simplifié et reconnu dans les 27 États membres.
Benjamin Haddad se montre également optimiste sur l’intelligence artificielle. Tout en reconnaissant ses effets potentiels sur l’emploi, il estime que son utilisation peut permettre de réduire le poids des tâches administratives dans les services publics. L’objectif serait selon lui de « remettre des profs dans les salles de classe », « des policiers sur le terrain » ou encore « des médecins dans les salles d’urgence », en automatisant une partie du travail bureaucratique.
Sur le plan stratégique, le ministre considère enfin que « la première ligne de défense de l’Europe » reste l’Ukraine. Il souligne l’importance croissante du soutien européen à Kiev, notamment dans le renseignement, les capacités militaires et le financement à long terme. Pour Benjamin Haddad, cette mobilisation illustre une évolution plus large : celle d’une Europe appelée à prendre davantage en main sa propre sécurité, son économie et sa souveraineté.

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