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Pakistan-Afghanistan : une nouvelle vague de frappes aériennes fait quatre morts civils et aggrave la crise entre les deux pays

Pakistan-Afghanistan : une nouvelle vague de frappes aériennes fait quatre morts civils et aggrave la crise entre les deux pays
Pakistan-Afghanistan : une nouvelle vague de frappes aériennes fait quatre morts civils et aggrave la crise entre les deux pays

Le Pakistan a bombardé plusieurs provinces afghanes dans la nuit de jeudi, tuant quatre civils selon les talibans. Cette nouvelle escalade militaire intervient une semaine après une attaque meurtrière sur un commissariat pakistanais revendiquée par un groupe lié aux talibans pakistanais.

Les forces aériennes pakistanaises ont frappé plusieurs zones du territoire afghan dans la nuit de jeudi, ciblant selon Islamabad dix objectifs militaires dans les provinces de Kandahar, Paktia et Khost. Le gouvernement taliban a annoncé la mort de quatre civils et promis une « réponse appropriée », tandis que le Pakistan a qualifié ses frappes de « délibérées, précises, calibrées et proportionnées ».

À Kandahar, fief historique du mouvement taliban, des habitants ont rapporté avoir entendu le bruit d’un avion de chasse suivi d’une forte explosion et d’un incendie. Dans la province de Khost, des témoins ont décrit une attaque survenue aux alentours de minuit, semant la panique dans les villages touchés. L’un d’eux, Salamat Khan, a affirmé qu’il n’existait dans sa localité « aucune base militaire, ni aucun personnel militaire », seulement des habitations civiles. Dans la province de Paktia, des frappes ont visé le 203e corps d’armée Mansouri des forces armées afghanes, contrôlé par les talibans, sans que des informations sur d’éventuelles victimes militaires n’aient été communiquées.

Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a dénoncé des attaques « imprudentes, irresponsables et hostiles » qui « auront des conséquences néfastes pour l’armée pakistanaise ». De son côté, le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a soutenu que les frappes visaient exclusivement des « objectifs militaires identifiés directement liés aux tentatives d’attaques contre le Pakistan ».

Cette opération constitue la deuxième vague de bombardements pakistanais en Afghanistan en l’espace d’une semaine. Elle fait suite à l’attaque du 18 septembre contre une mosquée située dans l’enceinte d’un commissariat du nord-ouest du Pakistan, qui a coûté la vie à au moins 31 personnes. Un groupe affilié au Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), mouvement jihadiste menant depuis des années une campagne de violence contre l’État pakistanais, a revendiqué cet attentat.

Islamabad accuse régulièrement Kaboul d’offrir refuge et soutien au TTP sur son territoire. Les talibans afghans rejettent cette accusation, renvoyant la question de la lutte contre les groupes armés à la responsabilité interne du Pakistan. Cette divergence fondamentale empêche depuis des mois toute normalisation durable des relations entre les deux pays voisins.

La première vague de frappes, lancée plus tôt dans la semaine, avait déjà fait au moins trois morts civils, un bilan confirmé par la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama). Le Pakistan affirmait alors avoir neutralisé 28 militants. Mercredi, Islamabad avait également signalé avoir intercepté des drones lancés depuis le territoire afghan, une accusation démentie par les autorités talibanes.

Le bilan humain de cette confrontation transfrontalière est lourd. Selon l’Unama, les violences entre forces talibanes et forces de sécurité pakistanaises ont tué au moins 499 civils et blessé 1 216 autres entre octobre 2025 et juin 2026. L’incident le plus meurtrier reste une frappe pakistanaise sur Kaboul en mars, qui avait fait plus de 269 morts selon les talibans, lesquels affirmaient que le site touché était un centre de désintoxication. Islamabad avait démenti, assurant avoir visé des infrastructures terroristes.

Un cessez-le-feu avait pourtant été conclu en mars, mais les médiations internationales n’ont pas permis d’aboutir à un accord durable. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies cette semaine, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a réclamé des mesures « concrètes et vérifiables » pour garantir que le sol afghan ne soit pas utilisé à des fins terroristes contre son pays.

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