Les États-Unis et la Chine tiendront ce samedi à Genève une réunion qualifiée de « brise-glace », qui pourrait marquer un premier pas vers la désescalade d’une guerre commerciale majeure entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent et le négociateur commercial Jamieson Greer rencontreront leur homologue chinois, le vice-Premier ministre He Lifeng, pour une série de discussions formelles, confirmées mardi soir par les deux capitales.
Ce sommet bilatéral, organisé dans la neutralité de la Suisse, intervient après plusieurs semaines de tensions aiguisées par l’imposition réciproque de tarifs douaniers atteignant jusqu’à 145 %, que Bessent a qualifiés de « véritable embargo ». Depuis l’annonce par Donald Trump de nouvelles surtaxes en avril, les marchés mondiaux ont été secoués, les chaînes d’approvisionnement perturbées, et les prévisions de croissance révisées à la baisse, notamment en Chine.
Selon des sources proches du dossier, les discussions porteront sur une réduction élargie des droits de douane, l’abandon de taxes sur certains produits spécifiques, la suppression du seuil d’exemption douanière pour les colis à faible valeur, et les restrictions américaines à l’exportation. La Chine, tout en confirmant sa participation, a prévenu que des paroles sans actes ne suffiraient pas, et qu’elle n’accepterait aucune tentative de « chantage ».
Cette rencontre est la première au plus haut niveau depuis plusieurs mois, alors que Pékin refusait jusqu’ici tout dialogue sans retrait préalable des tarifs américains. Mais le ralentissement économique chinois, aggravé par la guerre commerciale, semble avoir modifié la posture diplomatique. Des experts estiment que le conflit pourrait coûter jusqu’à 16 millions d’emplois à la Chine.
En parallèle, l’administration Trump négocie aussi avec 17 autres partenaires commerciaux, espérant aboutir à des accords d’ici juillet, date d’entrée en vigueur des nouveaux tarifs. Toutefois, ces annonces contrastent avec un déficit commercial américain record en mars, alimenté par des importations précipitées avant les hausses de droits, notamment dans le secteur pharmaceutique.
Reste à savoir si la rencontre de Genève permettra d’amorcer un véritable tournant. Pour l’instant, Bessent s’est montré prudemment optimiste : « Ce que nous voulons, c’est un commerce équitable. Ce n’est pas tenable dans l’état actuel des choses. »