Le gouvernement britannique a annoncé vendredi une nouvelle série de sanctions visant la Russie, incluant notamment le gel des avoirs de plusieurs dirigeants du groupe de négoce pétrolier Coral Energy, aujourd’hui rebaptisé 2Rivers Group. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir les revenus énergétiques de Moscou, en pleine guerre contre l’Ukraine.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a désigné cinq individus — Ahmed Kerimov, Tahir Garayev, Anar Madatli, Talat Safarov et Etibar Eyyub — comme cibles de ces sanctions. Tous sont accusés d’avoir « obtenu un avantage ou soutenu le gouvernement russe » par leur rôle au sein de Coral Energy Group, une entreprise active dans le négoce de pétrole, secteur jugé stratégique pour l’économie et l’appareil d’État russes.
Fondée en 2010 par Garayev, Coral Energy possédait des bureaux à Dubaï et à Singapour. En 2024, à la suite d’un rachat par la direction, l’entreprise a été rebaptisée 2Rivers Group, sous le contrôle direct de Safarov, Kerimov et Madatli. La Grande-Bretagne avait déjà sanctionné 2Rivers en décembre dernier, suscitant une vive réaction du groupe, qui s’était dit « profondément déçu » par cette mesure.
Cette nouvelle salve de sanctions intervient alors que les dirigeants de l’alliance de sécurité nord-européenne, la Force expéditionnaire conjointe (JEF), se réunissent en Norvège. Elle s’ajoute à un ensemble de restrictions visant près d’une centaine de pétroliers faisant partie de la « flotte fantôme » russe, soupçonnée de contourner les plafonds de prix et les embargos occidentaux sur les exportations de pétrole russe.
Londres affirme que ces mesures visent à « perturber les chaînes de financement de la machine de guerre russe » en s’attaquant directement à ses sources de revenus énergétiques. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, le Royaume-Uni, aux côtés de ses alliés occidentaux, multiplie les sanctions ciblées contre des entreprises, oligarques, responsables politiques et groupes financiers liés au Kremlin.
Ces nouvelles sanctions soulignent également l’attention croissante portée par les gouvernements occidentaux aux activités des groupes privés qui, bien que basés hors de Russie, continueraient à jouer un rôle dans l’exportation ou le négoce de ressources énergétiques russes. Elles envoient un signal clair aux entreprises opérant dans des secteurs jugés stratégiques, même en dehors du territoire russe.
Pour le gouvernement britannique, l’enjeu est autant économique que politique : maintenir la pression sur Moscou tout en montrant sa détermination à contrer les réseaux qui soutiennent, directement ou indirectement, les intérêts stratégiques russes.