Jordan Bardella maintient catégoriquement sa version. Quelques heures après la publication de nouveaux éléments concernant les écrits antisémites de 2013 qui lui sont attribués, le président du Rassemblement national affirme qu’il s’agit toujours de faux. Il dénonce des « pseudo-preuves », des « montages grossiers » et d’« obscures captures d’écran manipulables ». Surtout, il annonce une nouvelle action judiciaire contre Mediapart, cette fois pour « faux et usage de faux ».
Cette réaction prolonge la défense adoptée par le président du RN depuis le début de l’affaire. Jordan Bardella avait déjà catégoriquement nié être l’auteur des écrits antisémites qui lui sont attribués, assurant notamment sur CNews que ces propos n’étaient pas les siens. Cette fois, il répond directement aux éléments présentés pour authentifier les conversations.
« Des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables »
Jordan Bardella a réagi dans la soirée du jeudi 1er octobre sur X. Le président du RN ne laisse aucune ambiguïté sur sa position : il considère que les éléments dévoilés ne prouvent pas qu’il est l’auteur des messages.
« Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus », écrit-il.
Il poursuit en contestant leur valeur devant la justice : « Ces “preuves” n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal. »
Jordan Bardella ne conteste donc pas le caractère antisémite des propos reproduits. Il affirme qu’il n’en est tout simplement pas l’auteur. Une position qu’il tient depuis la révélation de l’affaire, lorsqu’il avait déjà parlé de « faux grossiers ».
Une nouvelle plainte, cette fois pour « faux et usage de faux »
Le président du RN franchit parallèlement une nouvelle étape judiciaire. Après une première plainte en diffamation, Jordan Bardella annonce qu’il va désormais déposer plainte pour « faux et usage de faux ».
Cette nouvelle procédure correspond directement à sa ligne de défense. Il ne reproche plus seulement à Mediapart de lui avoir attribué des propos qu’il nie avoir tenus : il affirme que les éléments utilisés pour étayer cette attribution sont eux-mêmes des faux.
Cette offensive arrive après plusieurs jours de confrontation. Jordan Bardella avait déjà dénoncé « l’accusation la plus ignoble » l’ayant jamais visé et assuré qu’il ne laisserait pas ces accusations sans réponse judiciaire.
Bardella conteste directement l’authentification des messages
Les éléments auxquels Jordan Bardella répond concernent des conversations Messenger datant de 2013. L’interlocuteur avec lequel les échanges auraient eu lieu a demandé à Meta le téléchargement de la conversation. Selon Mediapart, l’extraction obtenue a ensuite été authentifiée par un commissaire de justice.
Le média avance également plusieurs informations personnelles apparaissant dans les échanges pour soutenir son identification de l’auteur : la naissance en Italie de la mère de Jordan Bardella, une interview accordée au Parisien en 2013 ou encore son échec au concours de Sciences Po.
C’est précisément cette démonstration que Jordan Bardella rejette. Pour le président du RN, ces éléments ne permettent pas de prouver qu’il a écrit les messages et les captures présentées restent, selon ses propres termes, « manipulables ».
Depuis le début, Bardella assure que les messages ont été fabriqués
Les écrits contestés remontent à 2013, lorsque Jordan Bardella était un jeune militant du Front national. Ils comportent notamment des propos antisémites et complotistes sur les Juifs, les banques, Israël ou encore Alain Soral. Leur attribution à Jordan Bardella est formellement contestée par l’intéressé.
Dès les premières révélations, il avait assuré : « Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites que j’aurais prétendument tenus alors que j’étais mineur. »
Le président du RN avait également parlé de « faux grossiers » et d’une « opération de barbouzerie ». Il avait ensuite durci sa riposte en qualifiant Mediapart de « journal d’extrême gauche composé de fanatiques » et en évoquant une « guerre totale ».
La bataille sur l’authenticité des documents se déplace devant la justice
Les positions restent donc totalement opposées. Mediapart affirme que les éléments dont il dispose permettent d’authentifier les conversations et de les attribuer à Jordan Bardella. Le président du RN soutient au contraire qu’il n’a jamais écrit ces messages et qualifie les documents présentés de « montages grossiers ».
L’annonce d’une plainte pour « faux et usage de faux » donne désormais une nouvelle dimension judiciaire à l’affaire. Après la plainte en diffamation, la contestation de Jordan Bardella porte directement sur l’authenticité des éléments produits contre lui.
La justice pourra donc être amenée à examiner la provenance et l’intégrité des documents contestés. En attendant, Jordan Bardella maintient sans nuance sa défense : les propos antisémites qui lui sont attribués ne sont pas les siens et les éléments présentés pour soutenir cette attribution sont, selon lui, des faux.
