La récolte française de miel devrait nettement reculer en 2026 après une saison 2025 particulièrement favorable. Selon l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), la production nationale serait comprise entre 18 000 et 20 000 tonnes, contre 23 000 à 25 000 tonnes l’an dernier. De son côté, l’interprofession InterApi avance une estimation plus élevée, autour de 33 700 tonnes, soit environ 5 000 tonnes de moins qu’en 2025. Les méthodes de calcul diffèrent, mais les deux organisations convergent sur un constat : les fortes chaleurs et la sécheresse ont fortement perturbé les miellées estivales.
La saison avait pourtant commencé sous de bons auspices. L’hiver 2025-2026, relativement doux et humide, avait entraîné une reprise précoce de l’activité des colonies, parfois dès la mi-janvier. Les floraisons de printemps avaient également bénéficié de bonnes conditions hydriques. Mais à partir de la fin mai puis au début du mois de juin, les vagues de chaleur ont desséché la végétation et écourté plusieurs floraisons, réduisant brutalement les ressources disponibles pour les abeilles.
Les miellées d’été fortement touchées
Les miels de printemps, notamment issus du colza et des fleurs diverses, ont permis à certains apiculteurs de limiter les pertes. La situation s’est ensuite nettement dégradée. Les productions de lavande, de sapin ou encore de bruyère d’été ont été particulièrement faibles, tandis que le tournesol, autrefois l’une des principales sources de miel en France, aurait très peu produit cette année. Dès le début de juin, les températures élevées ont réduit les périodes de butinage et privé les colonies de nectar sur de nombreux territoires.
Les conséquences ne sont pas uniformes selon les régions et les types de végétation. Les épisodes caniculaires ont davantage pénalisé certaines zones du Sud, tandis que les secteurs de montagne ont parfois mieux résisté. Des observations agronomiques avaient déjà montré lors de précédentes campagnes que les fortes chaleurs pouvaient réduire très fortement les récoltes de lavande après le début de l’été, alors que certaines miellées d’altitude demeuraient plus régulières.
Un secteur déjà confronté à plusieurs fragilités
Les conditions climatiques ne constituent pas le seul défi de la filière. Les apiculteurs doivent également composer avec le frelon asiatique, dont la pression reste importante dans la majorité des régions, ainsi qu’avec le varroa et d’autres facteurs sanitaires. Le ministère de l’Agriculture rappelle que les taux de mortalité annuelle des colonies d’abeilles mellifères peuvent dépasser 30 % et que la préservation des pollinisateurs constitue désormais un enjeu national.
La baisse de 2026 intervient après une année 2025 exceptionnelle selon certaines estimations. ADA France évaluait alors la production à 38 300 tonnes, son meilleur niveau depuis 2014, tout en soulignant déjà de très fortes disparités entre régions et l’impact de la sécheresse estivale dans le Sud. Cette alternance entre très bonnes et mauvaises campagnes illustre la dépendance croissante de l’apiculture aux conditions météorologiques. Pour les professionnels, la multiplication des canicules rend désormais les récoltes plus difficiles à prévoir d’une année à l’autre.

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