Le président Bola Tinubu a approuvé le recrutement de 28 000 soldats supplémentaires et la création de quatre nouvelles divisions de l’armée, portant leur nombre total à douze. Cette réforme vise à répondre à la multiplication des attaques jihadistes, des enlèvements et des violences intercommunautaires qui ravagent le pays.
La décision est présentée comme la plus importante réorganisation des forces armées nigérianes depuis des décennies. Bola Tinubu a validé une refonte structurelle qui prévoit, outre les nouvelles divisions, l’ouverture de trois nouveaux quartiers généraux de l’armée dans le nord-est et le centre du pays, régions particulièrement exposées aux attaques islamistes, au banditisme et aux affrontements entre agriculteurs et éleveurs.
Le gouvernement justifie cette expansion par les limites du dispositif actuel : plusieurs divisions doivent couvrir des zones s’étendant sur plusieurs États, leurs ressources épuisées face à des assauts répétés. Les nouvelles structures doivent permettre une meilleure coordination, un partage accru du renseignement et des délais d’intervention réduits.
La pression sur les autorités s’est encore accentuée ces derniers jours. Un groupe armé a tué au moins 20 villageois dans l’État de Zamfara, dans le nord-ouest, tandis que 46 élèves ont été enlevés dans une école de l’État de Borno, dans le nord-est. Ces derniers ont été libérés par l’armée quelques heures après leur enlèvement. En mai, 44 élèves et enseignants avaient été kidnappés lors d’attaques coordonnées contre des écoles dans l’État d’Oyo, dans le sud-ouest, signe que la violence gagne désormais des régions jusqu’ici épargnées.
Des experts en sécurité soulignent toutefois un obstacle de taille : convaincre des jeunes Nigérians de s’engager dans l’armée alors que le nombre de soldats tués ces derniers mois reste élevé constitue un défi considérable.
Tinubu avait déjà annoncé le mois dernier le recrutement de plus de 50 000 nouveaux policiers et alloué un budget record de 5 410 milliards de nairas (environ 4 milliards de dollars) à la défense et à la sécurité. Il avait alors sommé les groupes armés de « se rendre ou d’affronter toute la force » de l’État.
Sur le front jihadiste, des forces américaines et nigérianes ont mené une opération conjointe lancée en décembre, incluant des frappes contre des militants du groupe Lakurawa le jour de Noël dans le nord-ouest. Un haut responsable de l’État islamique, Abu-Bilal al-Minuki, a été tué lors d’une mission de plusieurs mois centrée sur le bassin du lac Tchad. Cette opération conjointe a pris fin début juillet, mais les groupes islamistes armés continuent de mener des attaques. Des analystes estiment que 90 % des attaques de l’État islamique se produisent désormais en Afrique subsaharienne, sa branche nigériane étant la plus active.
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