POLITIQUE France

Adoption définitive de la loi visant à restreindre les PFAS, les « polluants éternels »

Reforme-des-retraites-l-abrogation-facon-RN-rejetee-en-commission-la-gauche-partagee-a-l-Assemblee-3

L’Assemblée nationale a adopté jeudi 20 février une loi visant à restreindre l’utilisation des PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkylées aussi appelées « polluants éternels », en raison de leur extrême persistance dans l’environnement et des risques sanitaires qu’elles représentent.

Cette loi, première du genre en France, a été portée par le député écologiste Nicolas Thierry et adoptée par 231 voix contre 51. Le gouvernement a soutenu la mesure, malgré une opposition du Rassemblement national et de certains élus de droite.

Les PFAS sont présents dans de nombreux produits de consommation courante : emballages alimentaires, poêles antiadhésives, textiles imperméables, cosmétiques, peintures, mousses anti-incendie… Leur persistance dans l’environnement et leur accumulation dans les organismes humains ont été associées à des risques sanitaires : perturbations hormonales, troubles métaboliques, cancers, baisse de la fertilité, altération du système immunitaire…

D’après Santé publique France, toute la population française est exposée à ces substances, notamment aux PFOA et PFOS, deux composés classés « cancérogènes possibles » ou « cancérogènes pour l’homme » par l’OMS.

Les principales mesures de la loi

Interdictions progressives :

  • Dès 2026, la fabrication, l’importation et la vente de trois catégories de produits contenant des PFAS seront interdites :
    • Produits cosmétiques
    • Textiles d’habillement (y compris chaussures)
    • Fart pour sports d’hiver (utilisé sur les skis et snowboards)
  • Dès 2030, cette interdiction sera élargie à tous les textiles, à l’exception des vêtements de protection (militaires, pompiers).

Exclusions controversées :

  • Les ustensiles de cuisine (comme les poêles antiadhésives type Tefal) ne sont finalement pas interdits, après un lobbying intense du groupe Seb.

Surveillance des eaux potables :

  • Obligation de contrôler systématiquement la présence de PFAS dans l’eau potable, y compris l’eau en bouteille.
  • Publications annuelles des résultats par les autorités sanitaires.

Application du principe pollueur-payeur :

  • Mise en place d’une redevance visant les installations industrielles responsables des rejets de PFAS, afin d’engager leur responsabilité financière.

Une avancée face à la pression des lobbys industriels

Nicolas Thierry, le député écologiste à l’origine du texte, s’est félicité de cette adoption, soulignant le combat mené contre les lobbys industriels : « Cette victoire politique est devenue contre toute attente une réalité […]. Derrière, il y a des vies et des familles qui subissent un déni collectif autour de la contamination de notre environnement, et pour elles, on doit continuer le combat. »

La France devient ainsi le premier pays à adopter une loi spécifique contre les PFAS, alors que l’Union européenne travaille également sur un projet d’interdiction globale de ces substances.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une