Des appels à la violence visant des livreurs noirs ou d’origine arabe circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, provoquant une vive inquiétude parmi les professionnels de la livraison. Dans plusieurs enregistrements audio diffusés en ligne, des individus évoquent la possibilité d’attirer des coursiers dans des endroits isolés pour les agresser collectivement. Face à la gravité de ces propos, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour provocation à la haine raciale. La plateforme Uber a également pris des mesures de prévention en adressant des messages d’alerte à l’ensemble de ses chauffeurs et livreurs.
Les messages incriminés, notamment diffusés lors de conversations audio sur le réseau social X, contiennent des propos ouvertement racistes et des menaces de violences graves. Certains participants évoquent des attaques organisées contre des livreurs en raison de leur couleur de peau ou de leur origine supposée. Ces échanges ont été signalés et dénoncés par plusieurs internautes et influenceurs, entraînant une mobilisation croissante des organisations représentant les travailleurs des plateformes. L’enquête devra notamment permettre d’identifier les auteurs des propos, de déterminer leur éventuelle responsabilité pénale et d’établir si ces appels ont donné lieu à des préparatifs concrets. À ce stade, aucune agression directement liée à ces enregistrements n’a été officiellement confirmée.
Les plateformes appelées à renforcer la sécurité des livreurs
La diffusion de ces menaces intervient dans un contexte de tensions, à l’approche de rassemblements prévus ce week-end. Uber affirme avoir été profondément choqué par les propos tenus et indique avoir envoyé des consignes de vigilance à tous ses chauffeurs et livreurs. De son côté, le syndicat Union-Indépendants, qui représente notamment les travailleurs indépendants des plateformes, entend interpeller Uber, Deliveroo ainsi que les réseaux sociaux X et TikTok. L’organisation souhaite obtenir des garanties supplémentaires concernant la sécurité des coursiers, particulièrement exposés lorsqu’ils effectuent des livraisons tardives ou se rendent à des adresses inconnues.
Cette affaire met également en lumière les risques auxquels sont confrontés les travailleurs de la livraison, souvent contraints d’exercer leur activité dans des conditions précaires. La Maison des coursiers, une structure qui accompagne ces professionnels, rapporte que plusieurs livreurs se disent désormais inquiets à l’idée d’accepter certaines commandes. Au-delà des menaces racistes, la situation soulève la question de la responsabilité des plateformes dans la protection de leurs travailleurs et celle de la modération des contenus incitant à la violence sur les réseaux sociaux. Les investigations judiciaires devront établir l’origine et la portée de ces messages, tandis que les organisations professionnelles réclament des dispositifs de signalement et de protection plus efficaces pour éviter que ces menaces ne se traduisent par des passages à l’acte.









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