Grâce à une cellule d’écoute en place depuis une décennie, le diocèse de Coutances a recensé douze victimes potentielles d’abus sexuels sur mineurs. Les faits concernent plusieurs établissements scolaires et paroisses entre les années 1950 et la fin des années 1980.
Un appel à témoignages déclencheur
Le 28 mai 2025, le diocèse de Coutances, en lien avec la direction diocésaine de l’Enseignement catholique, a lancé un appel à témoignages visant à faire la lumière sur des suspicions d’agressions sexuelles dans les établissements d’Agneaux et d’Avranches. L’initiative a rapidement porté ses fruits. « Nous avons reçu 43 appels », précise Pierre Certain, responsable de la cellule d’écoute du diocèse de la Manche, évoquant la confirmation de faits présumés déjà identifiés. Sur l’ensemble de ces signalements, douze concernent des cas graves, pour lesquels les victimes étaient toutes mineures au moment des faits.
Des faits anciens mais convergents
Les témoignages reçus retracent des faits survenus entre 1952 et 1989. À Agneaux et Avranches, trois prêtres et un laïc sont mis en cause. Les victimes évoquées dans ces contextes seraient de jeunes garçons. D’autres récits impliquent un prêtre dans un cadre paroissial, à Fermanville puis à Sainte-Marie-du-Mont, entre 1955 et 1987, cette fois à l’encontre de jeunes filles. « Les récits décrivent des faits graves, intervenus à des périodes différentes, mais toujours selon des schémas similaires », confirme Pierre Certain.
Des signalements transmis à la justice
Le diocèse indique avoir transmis l’ensemble des éléments au procureur de la République. Il revient désormais à la justice de poursuivre les investigations. « C’est à elle de déterminer les suites à donner », ajoute le responsable de la cellule d’écoute.
L’affaire relance la question du traitement des violences sexuelles dans l’Église, y compris pour les faits anciens. Elle montre également le rôle clé joué par les cellules d’écoute dans la reconnaissance et la libération de la parole des victimes.