Des bombardements ont visé dimanche la zone commerciale du marché central de Taïz, dans le sud-ouest du Yémen, faisant au moins sept morts et des dizaines de blessés, dont des enfants. Les Houthis accusent l’armée de l’air saoudienne d’en être responsable.
Le bilan est lourd pour cette ville déjà meurtrie par des années de guerre civile. Deux frappes aériennes ont touché dimanche le secteur du marché central de Taïz, troisième ville du Yémen, tuant au moins sept personnes et blessant plusieurs dizaines d’autres. Des enfants figurent parmi les victimes, selon le ministère de la santé contrôlé par les rebelles houthis.
La chaîne de télévision Al-Masirah, proche du mouvement, a diffusé des images montrant d’épaisses colonnes de fumée s’élevant au-dessus du quartier, ainsi qu’un entrepôt détruit contenant des denrées alimentaires conditionnées dans des cartons. Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree a affirmé dans un communiqué en ligne que le sang avait été « injustement et agressivement versé », imputant les raids à l’armée de l’air saoudienne et promettant des représailles.
Les forces loyales au gouvernement yéménite reconnu sur le plan international ont pour leur part confirmé qu’une frappe avait bien eu lieu dans ce secteur, mais en donnant une version différente des faits : leurs avions auraient visé un dépôt houthi et des véhicules appartenant aux rebelles. Les déclarations des Houthis n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Taïz se trouve dans une situation particulièrement complexe : la ville est tenue par les forces gouvernementales, mais elle est assiégée depuis longtemps par les combattants houthis et constitue l’un des fronts les plus actifs du conflit. La reprise des hostilités intervient après l’effondrement, il y a plusieurs mois, d’une trêve fragile entre les deux camps, dans un contexte de tensions régionales accrues.
La guerre civile yéménite a éclaté en 2014 lorsque les Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle de la capitale Sanaa, forçant le gouvernement à l’exil. L’Arabie saoudite est entrée dans le conflit l’année suivante à la tête d’une coalition internationale. Depuis septembre, les combats se sont intensifiés : les rebelles ont lancé une offensive rapide qui leur a permis de s’emparer de l’ensemble du littoral yéménite sur la mer Rouge, tout en instaurant un blocus sur les exportations énergétiques saoudiennes. Des affrontements sont en cours dans plusieurs régions du pays, et au moins 125 000 personnes ont été déplacées. Face à cette situation, le gouvernement yéménite a décrété une mobilisation générale, appelant la population à rejoindre les rangs de l’armée et des forces de sécurité.
Le Yémen reste l’un des pays les plus pauvres du monde et traverse une grave crise humanitaire.

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