Coup de théâtre politique à Vénissieux. Le tribunal administratif de Lyon a annulé, mardi 29 septembre, l’ensemble des opérations électorales des municipales des 15 et 22 mars 2026. Le scrutin avait permis à Idir Boumertit, candidat de La France insoumise, de prendre la mairie au terme d’une bataille extrêmement serrée face à la maire communiste sortante Michèle Picard. Les deux listes n’étaient séparées que d’une vingtaine de voix au second tour, donnant à la moindre irrégularité potentielle une importance décisive.
L’annulation ne sanctionne toutefois pas directement la liste victorieuse de LFI. Le contentieux trouve son origine dans la candidature de Quentin Taïeb, soutenu par l’UDR et le RN, et dans des soupçons concernant des inscriptions sur les listes électorales. Le recours avait été introduit par Pascal Dureau, arrivé troisième avec un peu plus de 20 % des suffrages. Le tribunal a également prononcé une inéligibilité de vingt-quatre mois contre la tête de liste concernée. Deux semaines auparavant, le rapporteur public avait déjà recommandé l’annulation du scrutin en estimant que les irrégularités étaient susceptibles d’avoir altéré sa sincérité.
Un scrutin joué à quelques voix qui repart de zéro
La décision est particulièrement lourde pour Idir Boumertit. Son élection avait mis fin à plusieurs décennies de domination communiste sur cette commune populaire de la métropole lyonnaise. Dans une ville où le second tour s’était joué dans un mouchoir de poche, le juge administratif a considéré que les conditions du scrutin ne permettaient plus de garantir avec suffisamment de certitude que le résultat correspondait à la volonté des électeurs. L’annulation concerne donc l’élection dans son ensemble et non une simple rectification de quelques suffrages.
Vénissieux devra désormais retourner aux urnes, sauf évolution liée aux voies de recours ouvertes aux parties. Ce nouveau scrutin pourrait totalement rebattre les cartes entre LFI, le PCF, le centre et les forces de droite, quelques mois seulement après une campagne particulièrement disputée. L’affaire est également suivie de près à Vaulx-en-Velin, autre commune de la métropole lyonnaise remportée par LFI en mars et dont le contentieux électoral doit lui aussi être tranché.

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