La bataille contre les flammes laisse place à celle du financement. Le président du conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, a demandé lundi 28 septembre à l’État de compenser 11 millions d’euros de dépenses exceptionnelles liées au mégafeu de cet été. Déclenché le 22 juillet à Saumos, l’incendie a ravagé 42 000 hectares. Cette somme correspond aux interventions financées par la collectivité pour répondre à l’urgence et à ses conséquences. Elle ne représente donc pas le coût total de la catastrophe, qui comprend aussi les pertes des habitants, des entreprises et des propriétaires forestiers.
Les dépenses départementales recouvrent notamment la remise en état des infrastructures, la mobilisation des agents et l’accompagnement des sinistrés. Selon le bilan présenté lundi et rapporté par Bouger à Bordeaux, 145 kilomètres de routes et de pistes cyclables ont été touchés, tandis qu’environ 80 000 arbres doivent être abattus. Quatre collèges ont servi de bases logistiques et 7 500 repas ont été préparés. La cellule départementale de relogement accompagne par ailleurs 251 foyers. Ces besoins se prolongent après l’extinction du feu : sécuriser les déplacements, trouver des hébergements et soutenir les familles impose des dépenses sur plusieurs mois.
Des aides annoncées, mais aucun remboursement intégral confirmé
L’État fait valoir sa propre mobilisation financière. Lors de la séance extraordinaire du conseil départemental, la préfète Sophie Brocas a rappelé, selon l’AFP, la prise en charge des renforts apportés aux pompiers girondins, pour 33 millions d’euros, ainsi qu’une enveloppe de 10 millions destinée aux investissements de quinze communes sinistrées. Cette dernière avait déjà été confirmée par la préfecture dans son point d’étape du 7 septembre sur la reconstruction. Ces financements couvrent cependant des dépenses et des bénéficiaires différents de la demande départementale. La préfète a annoncé des aides au Département, sans confirmer à ce stade une compensation intégrale des 11 millions réclamés.
La demande intervient surtout dans une situation financière dégradée qui précédait l’incendie. Dans son diagnostic publié en juillet 2026, la Chambre régionale des comptes a constaté que le déficit de l’exercice 2025 représentait 6,97 % des recettes de fonctionnement, au-delà du seuil légal de 5 %. La collectivité doit retrouver l’équilibre d’ici 2028, sous le suivi de la juridiction financière. Le mégafeu ajoute ainsi une charge exceptionnelle à un budget déjà contraint. L’enjeu des discussions avec l’État sera de déterminer quelle part restera finalement à financer par le Département, alors que celui-ci doit poursuivre son redressement tout en assurant ses missions auprès des habitants.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.