La mobilisation pour rendre le Nutri-Score obligatoire franchit un nouveau cap. Déposée le 20 novembre 2025 sur la plateforme de l’Assemblée nationale par des scientifiques à l’origine du dispositif, la pétition a dépassé les 100 000 signatures vendredi 25 septembre. Ses promoteurs demandent de généraliser cet affichage, qui classe les aliments de A à E selon leur composition nutritionnelle. Introduit en France en 2017, le logo reste volontaire : les fabricants peuvent choisir de ne pas l’adopter, alors même qu’il permet aux consommateurs de comparer rapidement les produits en rayon.
Les réticences se sont accentuées avec la révision du calcul, entrée en vigueur en France en mars 2025. Plus exigeante envers les produits sucrés et certaines boissons, elle peut dégrader la note d’une référence sans que sa recette ait changé. Selon une comparaison des listes de Santé publique France publiée par Que Choisir en mai 2026, 86 entreprises ont retiré au moins une marque du dispositif, tandis que 216 en ont ajouté. Parmi les retraits recensés figurent Kellogg’s, Danette, Justin Bridou et Cacolac. Ces décisions ne signifient pas nécessairement un abandon à l’échelle d’un groupe : Danone conserve ainsi le logo sur plusieurs autres marques.
Une note nutritionnelle qui peut contrarier le discours commercial
Le désaccord porte notamment sur la manière de classer certains produits. Danone a contesté la nouvelle évaluation de ses boissons lactées et végétales, désormais soumises au calcul applicable aux boissons. Mais derrière la discussion technique apparaît aussi un enjeu d’image : une note défavorable peut contredire la présentation valorisante d’un emballage. Que Choisir considère que les retraits permettent aux industriels concernés d’éviter d’exposer leurs mauvaises notes. Cette lecture reste celle de l’association de consommateurs ; elle ne suffit pas à établir une motivation identique pour toutes les entreprises qui refusent le logo.
Le Nutri-Score possède néanmoins un périmètre précis : il renseigne sur la composition nutritionnelle, sans évaluer directement le degré de transformation d’un aliment. L’Inrae rappelle que son calcul sur une base commune de 100 grammes permet de comparer les produits sans dépendre de portions définies par chaque fabricant. Pour les auteurs de la pétition, son caractère facultatif limite donc l’accès à une information comparable. Le franchissement des 100 000 signatures ne modifie toutefois pas la réglementation : même à 500 000 soutiens répartis dans au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer, l’organisation d’un débat en séance publique resterait une décision de la Conférence des présidents.

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