Le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright a supervisé mercredi à Caracas la signature de plusieurs contrats énergétiques entre le Venezuela et des multinationales américaines et italiennes, représentant des dizaines de milliards de dollars d’investissements. Ces accords s’inscrivent dans un rapprochement entre Washington et Caracas engagé depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro par les forces américaines en janvier.
Mercredi 2 septembre, Caracas a signé de nouveaux contrats avec le géant pétrolier américain Chevron, le groupe italien Eni et la société énergétique GE Vernova, en présence de Chris Wright, ministre américain de l’Énergie, arrivé la veille au Venezuela.
Chevron, partenaire historique du pays, obtient l’accès à de nouveaux gisements et vise une production d’environ 600 000 barils par jour d’ici cinq ans, soit plus du double de son niveau actuel via ses trois coentreprises. Eni, de son côté, décroche le statut d’opérateur exclusif du gisement de Junin 5, dans la ceinture de l’Orénoque, l’un des plus vastes du pays. GE Vernova, qui regroupe les anciennes activités énergie de General Electric, s’engage quant à elle dans la réparation d’une grande partie du réseau électrique vénézuélien. Un accord distinct a également été conclu avec la société vénézuélienne Primavera pour l’exploitation de deux champs pétroliers.
Ces contrats « représentent des dizaines de milliards de dollars d’investissements et, à terme, des milliers d’emplois », a déclaré Chris Wright, ajoutant qu’ils sont « essentiels pour mettre en marche une dynamique de paix, d’opportunités et de prospérité pour tous au Venezuela ».
Ces signatures font suite à un accord bilatéral annoncé par Donald Trump le 28 août, prévoyant une prise de participation américaine de 35 % dans North American Blue Energy Partners, deuxième société pétrolière privée du Venezuela. En contrepartie, Washington pourra acheter à prix coûtant 20 % de la production de cette entreprise, destinée à être raffinée aux États-Unis dans des installations adaptées à ce pétrole visqueux. Trump a qualifié cet accord de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », estimant qu’il permettra de doubler les réserves américaines.
Le sous-sol vénézuélien recèle les plus importantes réserves de pétrole au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. La production nationale était légèrement inférieure à un million de barils par jour en début d’année. Chris Wright a affirmé sur CNBC qu’elle « sera bien supérieure à deux millions de barils par jour d’ici la fin de la décennie ».
La présidente par intérim Delcy Rodriguez, au pouvoir depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro, a remercié Donald Trump mercredi, assurant que cet accord apportera du « bien-être » au pays. L’accord bilatéral a reçu le soutien de l’Assemblée nationale et de l’armée vénézuéliennes.
Sur le plan politique, Trump a estimé mercredi que le Venezuela n’était « pas encore prêt » pour organiser des élections, près de neuf mois après l’intervention américaine. Delcy Rodriguez a confirmé qu’« il y aura un processus électoral, mais seulement quand le Venezuela sera prêt ». Le pouvoir et l’opposition ont tenu en août leur premier cycle de dialogue voulu par Washington. Une nouvelle série de pourparlers doit se tenir dans une dizaine de jours, selon le secrétaire d’État Marco Rubio.

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