BOGOTA — Le sénateur colombien Miguel Uribe, figure montante de l’opposition de droite et potentiel candidat à l’élection présidentielle, reste dans un état critique mais stable après avoir été grièvement blessé par balle à la tête samedi à Bogota, ont annoncé mardi les médecins de l’hôpital Santa Fe Foundation.
L’élu de 39 ans, membre du parti Centre démocratique fondé par l’ancien président Alvaro Uribe, a été pris pour cible alors qu’il participait à un rassemblement politique en plein air dans un parc de la capitale. L’attaque, survenue en pleine journée et filmée, a provoqué une onde de choc dans tout le pays, ravivant les souvenirs douloureux de l’époque des assassinats politiques de masse en Colombie.
Dans un communiqué, l’hôpital a indiqué que le sénateur demeurait en soins intensifs et que les équipes médicales poursuivaient les efforts pour limiter les séquelles liées à ses blessures. « Nous continuons à prendre les mesures nécessaires pour atténuer l’impact des blessures », précise le message, sans donner de pronostic précis quant à son rétablissement.
L’attentat a suscité de nombreuses réactions politiques. Le président colombien Gustavo Petro a condamné fermement l’attaque et annoncé dès dimanche le renforcement des dispositifs de sécurité pour plusieurs figures de l’opposition. Parmi celles-ci figurent Alvaro Uribe, Maria Fernanda Cabal, Abelardo de la Espriella et Victoria Eugenia Davila, tous considérés comme des cibles potentielles dans un climat politique de plus en plus tendu.
Le président Petro, élu sur un programme de réconciliation et de paix, a promis d’« éviter que la Colombie ne replonge dans la spirale de la violence politique ». Il a appelé à « l’unité nationale » pour défendre la démocratie et protéger toutes les voix du débat public, indépendamment de leur orientation.
Cette attaque survient dans un contexte d’instabilité persistante, marqué par les tensions croissantes entre le gouvernement de gauche et l’opposition conservatrice, sur fond de promesses non tenues de paix et de résurgence de la violence dans certaines régions du pays.