Le Salvador a entamé un procès collectif visant 486 membres présumés de gangs, dans ce qui constitue l’une des plus vastes procédures judiciaires jamais organisées dans le pays. Cette initiative s’inscrit dans la politique de lutte contre la criminalité menée par le président Nayib Bukele.
Les accusés, soupçonnés d’appartenir au gang Mara Salvatrucha, font face à des charges portant sur plus de 47 000 crimes commis entre 2012 et 2022. Parmi les chefs d’accusation figurent des homicides, des féminicides, des extorsions et du trafic d’armes.
Ce procès de masse a lieu dans le cadre de l’état d’urgence instauré en 2022 et régulièrement prolongé depuis. Ce dispositif a permis l’arrestation de plus de 90 000 personnes et autorise des procédures judiciaires collectives, une mesure controversée mais soutenue par le gouvernement pour accélérer la lutte contre les gangs.
Cependant, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent ces pratiques. Elles estiment que ces procès collectifs portent atteinte aux droits fondamentaux, notamment au droit à une défense individuelle et à un procès équitable.
La Commission interaméricaine des droits de l’homme a également exprimé ses inquiétudes, appelant à mettre fin à l’usage prolongé de l’état d’urgence. Elle souligne que ce régime suspend certaines garanties essentielles, comme l’accès à un avocat ou la protection des communications.
Malgré ces critiques, le gouvernement salvadorien maintient sa ligne dure, affirmant que ces mesures sont nécessaires pour réduire durablement la violence des gangs, longtemps endémique dans le pays.
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