Le sénateur philippin Ronald dela Rosa, figure centrale de la violente guerre contre la drogue menée sous l’ancien président Rodrigo Duterte, a demandé mardi au président Ferdinand Marcos Jr. de ne pas le livrer à la Cour pénale internationale (CPI).
Visé par un mandat d’arrêt rendu public lundi par la CPI pour des soupçons de crimes contre l’humanité, Ronald dela Rosa s’est dit prêt à répondre de ses actes devant la justice philippine, mais refuse d’être transféré à La Haye. L’ancien chef de la police est accusé des mêmes crimes que Rodrigo Duterte, déjà détenu dans l’attente de son procès devant la juridiction internationale.
Craignant une arrestation imminente, le sénateur s’est retranché dans son bureau au Sénat pour une deuxième journée consécutive. Il bénéficie actuellement de la protection de l’institution parlementaire, après l’entrée des forces de l’ordre dans le bâtiment lundi. La police philippine affirme toutefois qu’aucun mandat d’arrêt national n’a été émis contre lui à ce stade.
Face aux journalistes, Ronald dela Rosa, surnommé « Bato » — qui signifie « rocher » — a défendu son rôle dans la lutte antidrogue menée sous la présidence Duterte. Les larmes aux yeux, il a assuré avoir « fidèlement servi » son pays et nié toute implication dans des exécutions illégales.
« J’espère qu’en tant que père de la nation, vous prendrez soin de tous les Philippins », a-t-il déclaré en s’adressant directement au président Marcos. « J’ai tout fait pour le pays. Je ne me suis pas enrichi. J’ai travaillé fidèlement », a-t-il ajouté.
Le gouvernement philippin a indiqué qu’il pourrait donner suite à une demande de la CPI si celle-ci passait par Interpol. Cette possibilité alimente les tensions politiques dans le pays, où l’héritage de la guerre contre la drogue reste profondément controversé.
La campagne antidrogue menée sous Rodrigo Duterte a fait des milliers de morts et suscité de nombreuses accusations de violations massives des droits humains. Les organisations internationales accusent depuis plusieurs années les autorités philippines d’avoir encouragé des exécutions extrajudiciaires dans le cadre de cette politique sécuritaire.
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