Un tribunal sud-coréen a ordonné l’arrestation de Lee Man-hee, fondateur de l’Église Shincheonji de Jésus, dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée implication illégale de son organisation dans la vie politique du pays. Selon les médias locaux, le dirigeant religieux est accusé d’avoir orchestré un vaste système visant à faire adhérer ses fidèles à un parti politique avant des élections importantes.
Âgé de 95 ans, Lee Man-hee est soupçonné d’avoir enfreint la législation sud-coréenne sur les partis politiques, qui interdit aux organisations religieuses de s’engager dans des activités politiques. Les enquêteurs l’accusent également d’obstruction à la justice et d’avoir encouragé des dizaines de milliers de membres de son mouvement à rejoindre le parti conservateur People Power.
Le tribunal a justifié sa décision par le risque de destruction de preuves. Les autorités judiciaires n’ont pas immédiatement fourni de commentaires supplémentaires sur l’affaire, mais les médias sud-coréens rapportent que la décision a été rendue mercredi soir après une audience consacrée à l’examen du mandat d’arrêt.
Plus tôt dans la journée, Lee Man-hee s’était présenté devant le tribunal de Séoul pour cette audience. Apparaissant affaibli et soutenu par plusieurs assistants, il n’a pas répondu aux questions des journalistes concernant les accusations portées contre lui.
Figure controversée en Corée du Sud, Lee Man-hee a fondé l’Église Shincheonji dans les années 1980 et se présente comme un messie. Son organisation religieuse a longtemps suscité la méfiance de nombreuses Églises chrétiennes traditionnelles du pays, qui la qualifient régulièrement de secte et dénoncent ses méthodes de recrutement.
Cette affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur le débat concernant les liens entre mouvements religieux et politique en Corée du Sud. Les investigations se poursuivent désormais pour déterminer l’ampleur exacte du système présumé et les éventuelles responsabilités d’autres membres de l’organisation.
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