L’administration américaine, dirigée par Donald Trump, travaillerait sur un projet visant à réinstaller de façon permanente jusqu’à un million de Palestiniens de la bande de Gaza en Libye, selon des informations rapportées vendredi par NBC News. Le média s’appuie sur cinq sources ayant connaissance du dossier, dont deux directement impliquées et un ancien haut responsable américain.
Ce plan, encore non confirmé officiellement par la Maison Blanche, aurait atteint un stade d’élaboration avancé, à tel point que des discussions préliminaires auraient déjà eu lieu avec des responsables libyens. D’après NBC, Washington envisagerait de débloquer plusieurs milliards de dollars de fonds libyens gelés depuis plus d’une décennie en contrepartie de l’acceptation par Tripoli d’accueillir les réfugiés palestiniens.
Ce projet soulève d’importantes questions humanitaires, diplomatiques et géopolitiques, dans un contexte de guerre prolongée entre Israël et le Hamas, et alors que l’accès à l’aide humanitaire reste largement bloqué dans la bande de Gaza. Israël a notamment empêché toute entrée d’aide depuis le 2 mars, tandis que les agences de l’ONU alertent sur un risque de famine imminent pour plus de 500 000 personnes dans l’enclave.
L’idée d’une réinstallation à grande échelle des Palestiniens hors de Gaza suscite déjà des critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, qui y voient une tentative de déplacement forcé. Le droit international humanitaire interdit en principe les transferts forcés de population en temps de conflit, sauf si des raisons impérieuses de sécurité l’exigent, et dans le respect de la volonté des personnes concernées.
Ni le gouvernement libyen ni les autorités américaines n’ont officiellement réagi aux révélations de NBC News. La Libye reste un pays politiquement instable, encore marqué par des luttes entre factions rivales et des tensions persistantes depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. L’accueil d’un million de réfugiés représenterait un bouleversement massif pour un pays déjà fragilisé.
Si elle se concrétise, cette initiative pourrait devenir l’une des mesures les plus controversées de la politique étrangère de Donald Trump depuis son retour à la présidence en janvier 2025.