VARSOVIE — La Pologne a annoncé lundi la fermeture du consulat russe à Cracovie, accusant les services de renseignement russes d’être à l’origine de l’incendie criminel qui a ravagé un centre commercial de Varsovie en mai 2024. Cette décision marque une nouvelle escalade dans les relations déjà extrêmement tendues entre Varsovie et Moscou depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Le ministère polonais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Russie à 15h lundi, tandis que le chef de la diplomatie, Radoslaw Sikorski, a confirmé avoir révoqué l’autorisation de fonctionnement du consulat en raison de « preuves accablantes » impliquant les services spéciaux russes dans l’incendie. L’opération de sabotage aurait visé le centre commercial Marywilska 44, l’un des plus vastes de la capitale, dont la destruction avait soulevé de vives inquiétudes en mai dernier.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’est montré catégorique dimanche : « Nous savons avec certitude que les services secrets russes sont derrière cet incendie ». Il a réaffirmé que la Pologne, en tant que plaque tournante de l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine, est une cible directe des opérations hostiles de Moscou, y compris des actes de sabotage, des cyberattaques et des campagnes de désinformation.
Selon les autorités polonaises, le consulat de Cracovie — qui emploie trois diplomates et quatre autres collaborateurs — devra cesser ses activités dans un délai de 30 jours. Cette décision fait suite à une autre fermeture, celle du consulat russe de Poznan en octobre dernier, motivée par des soupçons similaires. En représailles, la Russie avait alors ordonné la fermeture du consulat polonais à Saint-Pétersbourg.
La réaction de Moscou n’a pas tardé. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé Varsovie de « détruire délibérément » les relations bilatérales et a promis une « réponse adéquate ». Le ministère russe considère ces mesures comme allant à l’encontre des intérêts mêmes des citoyens polonais.
Les tensions régionales semblent également s’amplifier. En mars dernier, les procureurs lituaniens avaient déjà accusé les services de renseignement russes d’avoir orchestré un incendie criminel contre un magasin IKEA à Vilnius, trois jours seulement avant l’incendie de Varsovie. Des événements qui s’inscrivent dans une série d’actes présumés de sabotage contre des cibles civiles et économiques en Europe centrale.
Alors que la Russie continue de nier toute implication dans ces attaques, la Pologne prévient qu’elle n’hésitera pas à prendre de nouvelles mesures si d’autres actes de sabotage venaient à se produire. L’avenir des relations diplomatiques entre Varsovie et Moscou semble plus incertain que jamais.