La Belgique, en voie d’implosion ? C’est ce que laisse entendre une proposition étonnante faite par Martin Bosma, président de la Chambre des représentants néerlandaise, lors d’un dîner diplomatique en février. Selon le quotidien NRC, ce proche de Geert Wilders a suggéré, sans détour, un démembrement pur et simple du royaume : la Flandre reviendrait aux Pays-Bas, tandis que la Wallonie et Bruxelles seraient rattachées à la France.
Devant l’ambassadeur de France aux Pays-Bas, François Alabrune, et plusieurs parlementaires, Bosma a plaidé pour un « Grand Pays-Bas », reprenant une vieille antienne du nationalisme néerlandais. Une Flandre annexée au Nord, une Wallonie absorbée par l’Hexagone : l’idée a surpris les convives, tant par son audace que par le moment choisi. Si l’intéressé a refusé de commenter précisément ses propos, il a admis que « l’on discute de politique et de scénarios » lors de telles rencontres.
Une idée ancienne, mais qui trouve un nouvel écho
La proposition, si elle a pu sembler provocatrice, s’inscrit pourtant dans une tendance politique bien ancrée. Le PVV de Geert Wilders milite depuis des années pour une réunification culturelle et linguistique avec la Flandre. En Belgique, les partis nationalistes flamands comme la N-VA de Bart De Wever et le Vlaams Belang défendent également une rupture avec la Wallonie, invoquant des divergences politiques, économiques et culturelles profondes.
L’idée d’un rattachement de la Wallonie à la France, évoquée sporadiquement à gauche comme à droite de l’échiquier politique belge, semble moins radicale pour certains que le maintien d’un État belge devenu ingouvernable. Pour d’autres, cette hypothèse reste un fantasme nationaliste voué à alimenter les tensions internes. Si rien ne permet d’affirmer qu’un tel scénario soit à l’ordre du jour, la sortie de Martin Bosma reflète bien l’état de fragmentation de la Belgique, où la fracture communautaire ne cesse de s’élargir.